« La Grèce à l’âge du futur | Page d'accueil | Hannah Arendt et la « banalité du mal » »

09 janvier 2008

Voyager, écrire, imaginer, Pérégrinations 1

cb379616dfb308d6ccdbb0541f073600.gif

Voyager, c'est bien utile, ça fait travailler l'imagination. Tout le reste n’est que déceptions et fatigues. Notre voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà notre force.
LF Céline


Janvier 2008. Un nouveau grand moment d’apocalypse et de justice. Les centaines de nouveautés en matière de roman vont bientôt déferler dans les librairies. Qui sortira du lot ? Qu’en restera-t-il ? Qui gagnera au bout du compte ? Les mêmes questions reviennent chaque année. Quant aux réponses… au fond ! Cela n’a que peu d’importance. Lorsque j’étais dans l’édition, je me souviens que ces questions étaient « primordiales ». Vendre. Matraquer le lecteur. Ne plus le laisser ni penser ni choisir. Je ne saurais dire si la moindre allusion à ces « médiocres » petits enjeux de boutiquier ont une quelconque importance dans le débat qui nous concerne, ici, nous littérateurs, sur la toile.

Je rappelle, pour les quelques amnésiques qui l’auraient oublié, que nous ne sommes pas payés pour notre travail. Quelques-uns d’entre nous, Stalker, Cormary, Transhumain, Dominique Autié, etc. à travers de beaux blogs, toujours très bien tenus, proposent un travail de fond et de forme de grande efficacité pour défendre et sauver la littérature d’une édition de plus en plus sans éditeur. Je vous renvoi au beau livre d’André Schiffrin à propos de l’un de ces plus terribles scandales de ce début de siècle. La barque a semble-t-il pris l’eau. On hurle partout que c’est la fin de la littérature. Je rappelle le titre d’un livre de l’éminent Richard Millet Le désenchantement de la littérature chez Gallimard, que je ne manquerai pas de commenter dans ces pages. Comment ne pas être d’accord avec l’analyse de Millet, ou en partie d’accord, car il oublie tout le travail important de Houellebecq, auteur sur lequel j’aurai également l’occasion de revenir, notamment grâce à la critique peu élogieuse et pour le moins, inélégante de Francis Meyronnis De l’extermination considérée comme un des beaux-arts, que je commenterai sûrement. Je peux bien comprendre la difficulté olympienne qui étrangle certains, lorsqu'il s'agit d'assumer le devoir, non point de choquer les imbéciles, auquel se livraient autrefois des écrivains de la trempe de Georges Bernanos, mais de mise en lumière de l’abjection de notre époque, et en particulier, l’abjection d’un système politique et économique essentiellement fondé sur la notion de rentabilité et de compétitivité.

Juan Asensio a mille fois raison de tordre le cou à cet imbécile de Meyronnis. En 4 round, le porte-flingue de Philippe Sollers sera mis au tapis, même si l’article de notre serviteur, souffre de trop grandes longueurs. J’aurai également l’occasion d’y revenir.

Je précise également que je mettrai bientôt en ligne des articles autour de La banalité du mal de Hannah Arendt, le beau roman de Alina Reyes, Forêt profonde, avant de vous faire profiter de mes premières impressions à propos de son nouvel ouvrage La jeune fille et la vierge. J’aurai également l’occasion de revenir sur l’écrivain Franca Maï qui fera paraître ces prochains jours L’amour carnassier.

Certes, nous sommes déjà bien seuls. Mais, en qualité de survivants, ou « guetteurs de l’aube » pour reprendre l’expression de Millet, sachons donner le meilleur de nous-mêmes pour sauver des décombres d’une époque peu vertueuse, ce qu’elle a de plus précieux.


A toute fin utile, je cite, plus bas, quelques critiques et commentaires à propos des ouvrages précédents des auteurs pré-cités :

Juan Asensio : La littérature à contre-nuit & La critique meurt jeune
Alina Reyes, Le carnet de Rrose
Franca Maï, Pedro 

 

14:25 Publié dans Ecrire , Ecrivains , Littérature | Lien permanent | Envoyer cette note

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://marcalpozzo.blogspirit.com/trackback/1459664

Ecrire un commentaire