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Greta Thunberg ou la double ruse de la raison

Depuis quelques semaines, son nom écorche nos bouches, et son visage, sur fond de papier glacé de journaux ou pixel dans nos ordis allumés 24/24, nous fait peur. Et ça tombe bien, parce que c’est ce qu’elle veut Greta Thunberg. Elle veut nous faire peur...



Il est intéressant de souligner avant même de commencer combien une adolescente de 16 ans, du jour au lendemain, a bousculé la pensée et les dogmes ambiants, qui semblaient, au moins jusqu’ici, au point mort. Étonnement, elle fait rapidement couler beaucoup d’encre. Moins étonnement, ses prises de positions sont immédiatement clivantes. Elles divisent aux extrêmes. On est pour ou on est contre... Bien naturellement, la voie médiane est rapidement oubliée, comme ça pourrait être le cas en politique, alors même, que ses prises de positions ne le sont pas.

 

Michel Onfray dit que Greta Thunberg « arbore un visage de cyborg qui ignore l’émotion - ni sourire ni rire, ni étonnement ni stupéfaction, ni peine ni joie », alors que la youtubeuse Tatiana Ventôse, voit plutôt dans cette égérie d’une jeune génération, une adolescente handicapée manipulée par ses parents et des lobbies verts et Emmanuel Macron. Paul Joridon pense que Greta thunberg mène un combat tout à fait légitime pour l'avenir de sa génération « d'autant que l’Humanité a perdu son futur.  » (Je résume ! Enfin, oui... non !)

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Le 20 août 2018, jour de sa rentrée en neuvième année dans une
école de Stockholm, Greta Thunberg (née le 3 janvier 2003)
fait le piquet de grève devant le Riksdag.

Tiens, parlons-en de ce handicap ! Elle est atteinte du syndrôme d’Asperger, dont certains porteurs présentent une intelligence hors norme, ce qui, dit-on, semble être le cas pour elle. Le 20 août 2018, jour de sa rentrée en neuvième année dans une école de Stockholm, elle fait le piquet de grève devant le Riksdag, et explique aux journalistes conviés qu'elle n'ira pas à l'école jusqu'aux élections générales du 9 septembre 2018. Voilà alors, les premiers pas de Greta Thunberg dans la vie publique, mais aussi, ses premiers pas dans l’histoire de l’humanité. En effet, vous avez bien lu...

 

Je m’explique. Bien sûr, je dois dire avant toute chose, que je ne voudrais pas entrer en concurrence ou en conflit avec toutes ces voix qui se sont élevées ces derniers temps, mais apporter plutôt un éclairage différent. Je sais que vous serez peu nombreux à me suivre sur ces pistes-là (quoique !) mais enfin, je n’écris pas cet article pour une revue ou un éditeur, je ne risque donc aucune censure, puisqu’il est destiné à mon blog, et qu’en la matière je suis le seul maître à bord. Alors, allons-y...

 

Qu’est-ce que je veux dire ? D’abord, que je reconnais avoir un mal fou à comprendre de tels tirs d'artillerie contre Greta Thunberg, dans les journaux et sur les réseaux sociaux. Ce que nous devons comprendre aujourd'hui, c'est qu'en matière d'écologie nous vivons une urgence inédite dans l'histoire, que les menaces planant sur l'Europe dans les années 30 au siècle dernier, sont des tigres en papier en comparaison avec les menaces d'aujourd'hui, que les promesses d'une disparition définitive de l'humanité suite à une guerre nucléaire, brandies dans les années 70, se sont transformées en une menace bien réelle de disparition, suite à la névrose obsessionnelle et collective dont font montre la mondialisation et le capitalisme d'aujourd'hui. Ce n'est désormais plus trop le destin individuel qui a du sens à présent, mais ce que l'on va faire ensemble. À l'individu va succéder le groupe, le dynamisme collectif. Aussi, par conviction personnelle, Greta Thunberg ne prendra désormais plus l’avion pour se déplacer, nous dit-on, sa famille dès lors, à la recherche d’initiatives pour traverser l’océan Atlantique, tandis que les polémiques vont bon train dans les journaux et sur les réseaux, comme si l'imbécile, à qui on montrait la lune, regardait obstinément le doigt (mais non je ne l'ai pas dit !) Elle est aussi une source d’inspiration de milliers de jeunes à travers le monde. Elle a beau mener une action authentique, être sincère dans son engagement, on trouvera toujours de-ci de-là des gens pensant que, ce que l'on peut faire de mieux pour les autres, c'est de leur cracher à la figure. Je crois que ce que défend cette jeunesse qui vient, ce que recherche à faire cette nouvelle génération, c'est de sortir du cercle vicieux pour retourner dans le cercle vertueux. Je pense, que nous sommes là dans la modernité, dans le nouveau siècle et, d'essayer de comprendre cette ferveur, et ce sentiment de responsabilité face à une planète, qui ne sera bientôt plus habitable par l'humanité, et risque fort de disparaître ou de voir sa population diminuer de moitié en moins d'un demi-siècle, c'est en soi plus fort et plus subtil que les quolibets et autres crachats que peuvent produire des intellectuels, des journalistes ou des internautes à la pensée dure. Mais ça n'est que mon avis... j'en conviens, même si je le partage ! Je ne parle évidemment pas du message en soi qui concernerait le réchauffement climatique (là, je crois que tout le monde comprend) mais de cette forme de responsabilité collective qui nous viendrait de l'intérieur, et qui nous renseignerait sur ce que nous devons changer en nous-mêmes pour que les choses changent, ce qui engage bien entendu, des comportements, des mentalités, des modes de pensées radicalement opposés à ce que nous avons aujourd'hui. Il me semble donc, que la portée des propos de cette "gamine" est, de loin, bien plus complexe et à l'avant-garde, que ce que j'ai pu en entendre ou en lire chez tous ceux et celles qui ont tenté de détricoter la "supercherie" ou les limites de Greta Thunberg, vaste produit marketing qui serait devenue, malgré elle, la caution consensuelle du libre-échange et de ses dérives. Je ne critique pas ces prises de positions, avec lesquelles je suis en grande partie d'accord, mais je pense que ces points de vue manquent de distance, se nourrissent d'une forme de paranoïa mêlée à une forme d'esprit complotiste qui ne me déplait pas, je le reconnais, mais qui a du mal à voir que l'histoire n'est jamais menée par les hommes mais qu'elle mène les hommes. Je le répète donc, je pense que les critiques et les réserves à l'endroit de Greta Thunberg sont sûrement justes mais très insuffisantes, car elles sont mécanistes et à l'image de cette époque, manichéennes souvent, pensant un monde binaire avec les bons et les méchants et au milieu cette pauvre Greta Thunberg, enfermée dans une matrice dont personne n'échappe, dotées d'une vision des choses souvent figée et oublieuse de l'impermanence du monde, oublieuse aussi que la vie est souvent plus souple qu'on ne le croit, et, ça va avec ce type de pensée, que l'homme est le maître accompli de son destin et de son avenir, capable de manipuler  les choses en vue de desseins personnelles, oublieuses encore des puissances supérieures qui agitent tout ça, car, après tout, et ça vous paraitra moins ésotérique comme discours j'imagine, sur le long terme, nous n'avons aucune vue sur les résultats de l'engagement d'une génération et des lignes que cet engagement va bouger. Le plus important pour moi c'est d'abord l'action sur le terrain, c'est les efforts, les causes que l'on mène ensemble qui changeront tôt ou tard notre futur. Ça n'est pas des analyses critiques, aussi justes soient-elles, derrière sa caméra ou son écran MacBook. Mais je reviendrai sur ce point plus tard, car j'envisage d'élargir mon propos, et de mettre une distance avec le libre-arbitre humain et ses illusions de maîtrise.

 

Donc, je m'excuse de le dire ainsi, mais je crois que Greta Thunberg est la jeune fille venue d'ailleurs et, si l'on se place dans cette perspective, on comprend mieux, que l'on ne saisira ce qu'elle nous dit que dans dix, vingt, trente, quarante ans, car, elle me semble se situer entre le monde d'aujourd'hui et le monde de demain. Et là, je ne crois pas exagérer... 

 

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Greta Thunberg, la jeune activiste climatique

Mais encore, et je voudrais que l’on m’excuse de prendre une référence aussi haute et compliquée, mais il le faut tout de même, je vais utiliser un terme que l’on trouve sous la plume de Hegel, et qui est « la ruse de la raison ». Sans entrer dans les détails, ni servir ici un cours à ce propos, je vois Greta Thunberg, et tous ceux qui écrivent ses textes, l’invitent partout, payent ses frais de déplacement et l’informent sur ce qu’elle doit dire et quelle position elle doit prendre, comme rusés par une Raison universelle, se servant de ces personnes à des fins téléologiques plus grandes qu’elles, et plus grandes que nous aussi. Un peu de littérature, bon sang ! Pensons à  Hamlet parlant au fantôme de son père et lui disant : « Bien dit, vieille taupe ! Tu travailles à ton aise sous terre ? Quel bon mineur ! »  N'est-ce pas de cette manière que Hegel le traduit dans ses Leçons sur l’histoire de la philosophie ? La Raison travaille sous terre comme un mineur ; elle agit comme une taupe, et, c'est ainsi que l’œuvre de l’esprit, dans le « sous-sol » de l’histoire, a cette capacité de secouer la « croûte terrestre » de notre présent. Marx, lui-même, parlera d’une manière assez semblable dans Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, en attribuant à la Révolution l’habileté du mineur shakespearien : « Tu as bien creusé, vieille taupe ! ». Je trouve tout de même désolant, cette façon qu'ont de nombreux distraits à lire en 2019, les événements du monde à partir d'enjeux essentiellement politiques, spéculatifs et économiques, sans jamais se référer à autre chose, sans pouvoir même imaginer qu'une force supérieure puisse tirer les ficelles, sans jamais se voir ni voir les autres comme des marionnettes s'agitant et ignorant ce qu'ils font.   


Je m’explique. Et pour me faire bien comprendre, j’aimerais utiliser une autre référence, et un autre auteur : Maurice Blanchot et son livre, La communauté inavouable (Éditions de Minuit, 1983). J'aime beaucoup ce livre de Maurice Blanchot car, pour moi, il est prémonitoire. Qui plus est, c'est une lecture claire de notre modernité. Ce qui importe aujourd'hui, sont moins les entreprises individuelles, l'hypertrophie des egos. Ce qui importe aujourd'hui, relève plutôt de ce que nous allons faire ensemble. C'est le « Nous » qui importe désormais (comme le disait déjà dans les années 70 Jean Duvignaud à travers un grand nombre de ses livres et qui, en la matière, était pour moi un précurseur, je tenais à le dire !), ou encore, et je devrais m’en vouloir de cette référence mais allons-y, c’est le Noûs (νοῦς) de l'Antiquité grecque, qui veut dire l'esprit, l'intellect, la raison. (On sait par exemple, que pour Platon, le Noûs désignait le plus souvent la partie la plus divine de l'âme, l'intelligence.) Ce « Nous » dont parlait donc si bien Jean Duvignaud, est en transition. Ce que je veux dire, c’est que nous sommes en transition. Une transition où chacun, dans l'espace social, sans discrimination, apporte sa touche, sa contribution jusqu'à ce que des centaines, des milliers, des millions de gens aient fait une forme qui ne sera jamais autre chose que ce qu'elle devra être désormais. Nous passons, dans cette modernité-là, de la verticalité de l'élite, d'un groupe de personnes autorisées depuis le berceau à parler, alors que d'autres groupes n'ont jamais eu le droit à la parole, à une autre où le collectif travaille ensemble, ou ce Noûs, cette intelligence collective, continue sans distinction de genres. Nous passons donc d'une vision classique du groupe social à quelque chose qui n'est plus ce qu'était l'écriture du récit collectif d'autrefois ; nous sommes dans une rupture, où l'analogie devient le rapport avec l'autre. Nous quittons une fin de l'individualisme, l'individu comme sujet quelconque, pour nous diriger vers une communauté inavouable, communauté dans laquelle co-existeront des singularités quelconques vivant à la jointure des unes et des autres, révélées dans leur vérité subjective et intrinsèque, sans maître, sans chef, sans directeur de conscience. Nous sommes ici dans la modernité, celle des artistes, Duchamp par exemple, qui rompt avec le trait, le pinceau, le génie d'autrefois, le génie des biens-nés, des élites éduquées, pour imposer le "Ready-made", le produit manufacturé, dont le choix même de l'artiste porté sur un objet industriel suffit à faire une œuvre artistique, dont le simple geste est en soi un trait, qui s'additionne à une centaine d'autres qui font une forme. (Non non non, je ne me perds pas dans mon propos !) Voilà ce qui se passe en ce moment dans la nouvelle écriture des rapports sociaux, les rapports collectifs, les revendications comme celles émises par Greta Thunberg, et qui se dessinent peu à peu depuis la deuxième moitié de l’année 2018. Et n'oublions pas d'y ajouter une vision mystique de la chose. Je trouve que les commentateurs n'y pensent pas assez. Et c'est l'ironie même de ces événements mondiaux. C’est que, là où tout le monde s’obstine à ne proposer qu’une analyse purement matérialiste, contemporaine, cynique et immoraliste, (je pense par exemple à Michel Onfray, qui se dit matérialiste athée) et qui fonctionne en miroir de notre époque, il faut, je crois, y apporter une compréhension plus spirituelle. (Aïe ! C'est là que je viens de vous perdre ! Non ? Bon, ben continuons alors...)

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L’UDC et la vague verte, 5 avril 2019


Là le discours devient plus complexe. Greta Thunberg n’est pas seulement une autiste Asperger (dont le handicap ne fait que nous renvoyer à notre propre handicap collectif !) elle est aussi l'un des lieux de la révélation. Elle n'est pas la seule, naturellement. Ce que je veux dire par-là, c’est que nous vivons déjà dans l’Apocalypse annoncé par Jean (est-ce encore utile de préciser qu’apocalypse signifie justement « révélation », je ne crois pas !) même s’il demeure encore quelques îlots de tranquillité un peu partout et que de là on ne voit pas se qui se passe. Greta Thunberg est, par la forme même qu'elle prend, cette jeunesse insolente par endroits, autoritaire par d'autres, naïve souvent, courant partout annoncer l'"apocalypse", donc oui le chaos, entre autres réjouissances, mais aussi autre chose de plus important, et ça personne n'y fait référence : la fin de notre monde actuel, l'effondrement de nos valeurs anciennes et auxquelles nous sommes encore nombreux à nous attacher, par peur de mourir, de nous perdre dans l'inconnu venant effacer le connu, Greta Thunberg est donc plus à mes yeux une messagère, simple et innocente (probablement trop parfois !) qu'un véritable sauveur, même si c'est une courageuse militante. Aussi, par sa jeunesse, par son visage dénué d’émotion et froid, et devant un parterre d’adultes presque conquis, non pas, comme le prétend Michel Onfray parce que « le rôle tenu en politique par l’humiliation chez certains qui jouissent à se trouver des maîtres et à jouir dans la soumission - fasciste, brune, rouge, noire, islamiste ou verte » (Greta la science), qui est à mon sens un raccourcis, mais parce que le capitalisme, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, a infantilisé tout le monde et a fait de nous des enfants jouisseurs et plus que cela (les revendications de Mai 68 allaient déjà dans ce sens) des enfants incapables de réfréner nos désirs, intolérants à la frustration, tentant désespérément de changer l'ordre du monde plutôt que l'ordre de nos désirs ; mais aussi, et Milan Kundera le disait déjà cinquante ans plus tôt, parce que ce capitalisme-là, a favorisé le triomphe du pouvoir des enfants, à tous les étages de la société. Voilà pourquoi, Greta Thunberg est gentiment invitée à l'Assemblée nationale, pour nous dire à tous, dans les yeux, qu'elle veut qu'on ait très peur. Qu'elle veut que l'on panique. Ce n'est pas du sado-masochisme, même si cela s'y apparente. C'est surtout parce qu'aujourd'hui, ce sont les enfants qui commandent aux parents, puisque ces parents, devenus irresponsables et infantiles, sont désormais démissionnaires.

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Polémique autour de la visite de
Greta Thunberg à l'Assemblée nationale
EPA-EFE/PATRICK SEEGER

Il y a donc chez Greta Thunberg, une double ruse de la raison. D'abord, je pense qu'elle s’inscrit dans le sens de l’histoire. Elle s’inscrit dans l’alchimie collective. Nous sommes dans une époque de la dissolution. On voit bien apparaître, par la hausse des chaleurs climatiques, des fumées toxiques, que c’est le moment où tout se corrompt. Et donc, on peut imaginer (mais là, il faut en effet un peu d'imagination !) que Greta Thunberg, quoi qu’on dise, ait été choisie par, disons-le en termes hégéliens, l’Esprit universel qui se déploie sur le théâtre de l’histoire, pour nous montrer cette disparition progressive, pour nous annoncer non pas notre disparition, mais que nous sommes déjà face à la fin de nos anciens schémas, nos anciennes valeurs tandis que la lumière remonte à la surface, et que la civilisation est en train de se régénérer, pour laisser place à une nouvelle civilisation, loin de celle-ci bâtie sur le culte de l’ego et de la compétition. Je ne dis pas que nous la connaîtrons. Il se peut bien que non. Mais nos enfants la connaîtront me semble-t-il. Ainsi donc, on peut comprendre que tout est en train de se détruire. Que c'est factuel. Regardons autour de soi. Je ne voudrais pas verser dans le romantisme débridé, mais tout de même. Et c’est ainsi que nous arrivons à la seconde ruse de la raison. Car nous sommes là, dans les derniers moments de cette ère (quand je dis "moments" je ne l'inscris pas à l'échelle de notre temporalité donc ça peut encore durer un peu, j'espère que vous ne m'en voudrez pas !), et personne ne pourra s’opposer à la fin de ce monde-ci, à la disparition de ces vieilles valeurs-là auxquelles nous sommes tous tant attachées, même si nous disons le contraire. Et, je le répète, c'est Greta Tunberg qui a été, en quelque sorte, choisie pour venir nous l'annoncer, condamnée, comme Cassandre, a, de toute façon, ne pas se faire entendre, ni se faire comprendre, encore moins à se faire croire alors même que les courants d’idées toxiques apparaissent partout et envahissent tout, obscurcissant notre époque. Pourtant, et bien heureusement, au milieu de tout ce fatras, il y a aussi de la lumière qui apparaît, car, il y a indéniablement, dans ce moment de disparition d'un monde, une ouverture de la conscience collective nécessaire et obligatoire. Je souligne donc ce fait. Et, c’est de cette ouverture-là dont je parle. Car, c'est cette jeunesse-là qui en est le miroir. Néanmoins, on se doit de le souligner, cette ouverture de la conscience se fait, au milieu de réactions de survie et de peur, d’où, je crois, la phrase emblématique de Greta Thunberg, qui a heurté tant de sensibilités, puisqu'elle a été, me semble-t-il, mal comprise, à savoir « Je veux que vous ayez peur ! » Pourquoi ? Parce que ce sont des peurs animales, des peurs en ces temps-là qui sont normales. Que  nous ayons peur n'a rien d'effrayant. Et ça ne changera rien non plus. La peur est une réaction épidermique, instinctive et classique, qui montre, que l’on tente encore, bien maladroitement mais tout de même, de nous accrocher à l’ancien monde qui s’en va, et qui emporte avec lui, ses anciennes valeurs, auxquelles nous pensons devoir notre existence... Le problème se situe donc à une portée beaucoup plus haute que ça n'a été dit jusqu'ici, et cela demande de la part de l'observateur, de comprendre ce qui se déroule dans sa globalité. Or, ce qui se déroule dans sa globalité dépasse, de loin, le simple réchauffement climatique et les manipulations (bien claires, ça va sans dire) des nouveaux lobbies verts, qui, en Greta Thunberg ont, semble-t-il, trouvé une belle caution à leurs agissements. Ainsi donc, c'est dans un sens plus phénoménologique que nous devons penser cette parole, car nous devons la penser pour ce qu'elle est, indépendamment du reste, sans quoi nous resterons bloqués à un niveau trop bas, inaudible, paranoïaque et autistique. Or, jusqu'ici, je crains qu'elle ait été trop souvent déconsidérée cette parole, trop souvent commentée à tort et à travers, et beaucoup trop regardée par le petit bout de la lorgnette, sans aucune autre forme de profit...

 

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Greta Thunberg à l'Assemblée nationale,
mardi 23 juillet 2019, à Paris

 

En couverture : Greta Thunberg par LaPresse

Commentaires

  • Les troubles du spectre de l’autisme sont en premier lieu caractérisés par des problèmes de sociabilité... Facebook a été inventé par un certain Mark Zuckerberg proposant lui-même une forme de lien social complètement « adapté » ... Ce mode de communication me permet d’avoir un échange avec vous , alors que nous ne sommes pas passé par des codes de sociabilité du monde d’avant

  • Le pire est qu'elle est entrain de lancer une mode , avec Lise Leplat-Prudhomme ( le nouvelle Jeanne d'Arc de Bruno Dumont) ( 10 ans au moment des sélections pour le tournage) ( c'était donc dans l'air du temps) ! A quand un biothique de Louise Weiss (pas sure de l'orth.) avec une mignonne de 8 ans ?

  • Greta n est pas maitre mais une marionnette, etant victime du symdodrme d asperger ses relations sociales sont perturbées voire inexistantes,ceux qui se servwnt d'elle a des fins mercantiles du business vert sont des crimonels

  • Remarquable votre article ! Merci .

  • Oui...un changement de civilisation, une nouvelle approche du collectif, une émergence du 'nous' avec ses diversités...
    Oui, l'apocalypse est déjà ce qu'on voit...
    Oui il semble y avoir parfois un ordre qui nous dépasse dans les choses...
    Et oui c'est incroyable cet emportement contre cette jeune fille. Et même sa phrase "Je veux que vous ayez peur" était bien pesé... si ça avait pu être le cas...

  • Oubliez Greta, et lisez; lisez mieux... Marc Alpozzo soulève des questions capitales.

  • Sophie Bastide-Foltz a savoir: ?

  • Désolée, mais je ne vais pas perdre mon temps à vous expliquer ce qu'il dit... Relisez... Marc Alpozzo ne nous invite pas à donner une opinion, ce que trop d'entre nous avons tendance à faire sur facebook, mais il nous donne à réfléchir.

  • Sophie Bastide-Foltz merci de votre conseil, evidemment avant de parler j ai lu l article de Marc Alpozzo et bien sur qu on peut donner son opinion , cela s'appelle un echange de point de vue, tentez de repondre ici meme aux questions soulevees n est pas possible, car FB n est pas le lieu pour cela. j apprecie beaucoup les analyse de marc Alpozzo mais je ne suis pas forcée d etre d'accord en permanence et j aimerai beaucoup connaitre le fruit de la réflexion sur le sujets des uns et des autres

  • Sophie comme souvent on condamne le capitalisme oubliant de fait que le collectivisme fait autant de dégâts voire plus...se poser les questions de raisons est une chose importante mais le faire sans véritablement tenir compte de la part de la science ampute la réalité de compréhension. Le noûs est un tout selon la vision grecque qui n est en rien un paramètre sélectionnant quelques éléments pour produire un combat collectif en fonction du prisme de quelques uns.

  • je n’ai pas dit que j’étais d’accord avec lui, mais il me fait réfléchir. Bien plus que tout ce que j’ai lu à ce sujet sur Facebook.

  • Sophie Bastide-Foltz mais j ai pas dit que vous étiez d accord avec lui...ma réflexion concerne son texte qui pour moi accrédite l apocalypse que l on veut nous faire avaler...c est une revisite de la bible et Greta devient un christianisme qui en reprend tous les codes subliminaux.

  • il ne s’agit pas ici d’opposer capitalisme et collectivisme, mais plus de montrer qu’un sentiment d’opulence, par ailleurs inexact, a au 20e siècle, modifié les comportements et la requête de ce qui peut-être nécessaire et suffisant.
    Par analogie, on peut aimer le sport ... sans se voir obligé d’aller se flinguer les articulations en empruntant la voie du toujours plus.
    C’est je crois, ce que retrace cet excellent propos.

  • Jean François l'apocalypse, je ne sais pas, mais il y a tout de même une décadence inquiétante, que je n'attribue pas toute entière aux raisons qu'il invoque. Loin de là, même. En tout cas, moi, il me fait réfléchir et, surtout, j'ai aimé le fait qu'il s'écarte un peu de Gréta, du phénomène au sens propre du terme, pour entrer dans une réflexion plus large...

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