<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="/atom.xsl" ?> <feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="fr"> <title>Marc Alpozzo (Ouvroir de réflexions potentielles)</title> <link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://marcalpozzo.blogspirit.com/atom.xml"/> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://marcalpozzo.blogspirit.com/" /> <subtitle>Journal de combat</subtitle> <updated>2008-05-16T10:35:52+02:00</updated> <rights>All Rights Reserved blogSpirit</rights> <generator uri="http://www.blogspirit.com/" version="5.0">blogSpirit.com</generator> <id>http://marcalpozzo.blogspirit.com/</id>  <entry> <author> <name>Marc Alpozzo</name> <uri>http://marcalpozzo.blogspirit.com/about.html</uri> </author> <title>Qui veut la peau de Céline ?</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://marcalpozzo.blogspirit.com/archive/2008/05/10/qui-veut-la-peau-de-celine.html" />  <id>tag:marcalpozzo.blogspirit.com,2008-05-10:1547208</id> <updated>2008-05-10T07:45:39+02:00</updated> <published>2008-05-10T07:40:00+02:00</published>   <category term="Ecrivains" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <category term="Céline" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="Voyage au bout de la nuit" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="langue" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="littérature" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <summary>         « Oui, [je suis] tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et...</summary> <content type="html" xml:base="http://marcalpozzo.blogspirit.com/"> &lt;blockquote&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-style: normal; font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-187091&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/02/01/8c5e3f3a56e2590feb5dba322411dd29.jpg&quot; alt=&quot;8c5e3f3a56e2590feb5dba322411dd29.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-187091&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;« Oui, [je suis] tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu'il y a dedans... Je ne la déplore pas moi... Je ne me résigne pas moi... Je ne pleurniche pas dessus moi... Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu'elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-ving-quinze millions et moi tout seul, c'est eux qui ont tort, Lola, et c'est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir. » &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;br /&gt; Ferdinand in &lt;i&gt;Voyage au bout de la nuit&lt;/i&gt; de Louis-Ferdinand Céline&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Georgia&quot;&gt;On peut bien calomnier Louis-Ferdinand Céline. On peut chercher à l’enterrer Céline&amp;nbsp;! Génie ou salaud&amp;nbsp;? Grand écrivain ou pauvre type&amp;nbsp;? Grossier&amp;nbsp;!&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Délirant&amp;nbsp;! Anti-humaniste&amp;nbsp;! Misanthrope&amp;nbsp;! Céline n’a pas fait les choses à moitié&amp;nbsp;! Céline est allé loin dans le pire&amp;nbsp;! On a donc cherché à l’effacer&amp;nbsp;!&amp;nbsp;Le médire&amp;nbsp;! Le gommer&amp;nbsp;! Toute une meute a, combien de fois, chanté l’hallali&amp;nbsp;!&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Et pourtant… Dans son immense solitude, Céline est toujours vivant&amp;nbsp;! Céline est toujours là auprès de nous, et nous ne sommes pas prêt de nous en défaire. Il fut le visionnaire qui annonça la grande folie du siècle de la mort de masse, de la mort industrialisée, des suppliciés, de la grande horreur et de la grande pagaille. L’oraison funèbre qu’il annonçait, comme un chien de traîneau flaire la crevasse, certains voulurent presque l’en rendre responsable. La plus touchante bêtise de quelques-uns, le plus méprisable ressentiment de beaucoup d’autres ne doivent pas obstruer&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; pour autant l’œuvre, sa profonde richesse, souvent humaine, et le coup de semonce qu’elle représentait pour la littérature classique. Celle qu’on enseignait à l’école. Certainement ce qu’on lui reprocha le plus&amp;nbsp;! Céline le réformateur ! Céline le styliste ! Céline le &lt;i&gt;mitrailleurs de la langue&lt;/i&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref1&quot; href=&quot;http://null/#_ftn1&quot; title=&quot;_ftnref1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[1]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; !&amp;nbsp;Céline le plus grand écrivain du XX&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle aux côtés de l’inimitable Proust. Céline le génie et le salaud&amp;nbsp;! Combien furent-ils à vouloir la peau du médecin, du vieux Destouches calomnié de toutes parts&amp;nbsp;? Ils eurent Drieu de la Rochelle, Robert Brasillach. Mais jamais Céline&amp;nbsp;! Et pour cause&amp;nbsp;! Cette peau d’un écrivain, seul, dont la solitude était pleine de fureurs et de visions, Céline la mettait volontiers sur la table, et savait ce qu’il faisait&amp;nbsp;: dans un entretien audiovisuel avec Louis Pauwels&lt;a name=&quot;_ftnref2&quot; href=&quot;http://null/#_ftn2&quot; title=&quot;_ftnref2&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[2]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, il présente, sans hésitation sans concession, sa vision de la littérature&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il y a des milliers d’écrivains, ce sont de pauvres cafouilleux, des aptères, ils rampent dans des phrases, ils répètent ce que l’autre a dit, ils choisissent une histoire… c’est pas intéressant. J’ai cessé d’être écrivaiiiiin n’est-ce pâs, pour devenir chroniqueur&amp;nbsp;: alors j’ai mis ma peau sur la table. Si vous ne mettez pas votre peau sur la table, vous n’avez rien, il faut payer. Ce qui est fait gratuit sent le gratuit et pue le gratuit.&amp;nbsp;» Gratuité &lt;i&gt;déclarée&lt;/i&gt; désormais interdite. Rien de gratuit&amp;nbsp;! Car Céline n’invente rien. Céline se dit &lt;i&gt;chroniqueur&lt;/i&gt;&amp;nbsp;! C’est-à-dire qu’il écrit en payant de sa personne. Un écrivain doit avoir vécu ce qu’il raconte. Il faut qu’il se soit presque fait tuer pour l’histoire qu’il nous raconte. Oui&amp;nbsp;! il faut payer&amp;nbsp;! Payer vraiment&amp;nbsp;!! «&amp;nbsp;Le véritable collaborateur, c’est la mort ou les associés&amp;nbsp;: la persécution…&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref3&quot; href=&quot;http://null/#_ftn3&quot; title=&quot;_ftnref3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[3]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; La souffrance en un mot&amp;nbsp;! Certes les personnages peuvent être fictifs&amp;nbsp;: c’est la transposition&amp;nbsp;! Cela consiste à faire sortir de l’être quelque chose de plus que ce que l’on voit. Mais la trame doit être vraie. Car, au fond, la grande inspiratrice, c’est la mort&amp;nbsp;! Céline refuse toute autre forme de littérature qu’il laisse à ces individus lettrés qui lui semblaient si burlesques, plus jeunes. Un type qui raconte des histoires, ça ne peut raisonnablement pas être sérieux. Pas pour Céline&amp;nbsp;en tous les cas ! Pas pour cet auteur qui veut dénoncer la guerre, la folie humaine, la pente carnassière des hommes dont il parlera dans ses &lt;i&gt;Entretiens avec le Professeur Y&lt;/i&gt;. Et tout à coup, cette vision-là de l’écrivain, cette technique d’écriture-là, va lui rendre la vie impossible. Car TOUS voulurent sa «&amp;nbsp;peau&amp;nbsp;»&amp;nbsp;! On l’a voulue d’abord pour des raisons morales&amp;nbsp;: son antisémitisme qu’on a souhaité confondre avec le nom de Céline lui-même et le «&amp;nbsp;rendre inoubliable que par là&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref4&quot; href=&quot;http://null/#_ftn4&quot; title=&quot;_ftnref4&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[4]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Son travail de la langue, lui qui croyait au pouvoir des mots, et au pilonnage en règle des codes et des conventions traditionnelles, au point de transposer le langage parlé dans l’écrit. Faire revivre l’émotion du langage parlé. Sa vision de l’être humain si noire et pessimiste. Ce désespéré de l’homme aux accents incantatoires, ce prophète de l’apocalypse, atteint, notamment à la fin de son existence terrestre, par la maladie de la persécution.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Georgia&quot;&gt;La haine était immense, et on ne doit la survie de Céline, ou tout du moins de ses œuvres, qu’à l’immensité de son génie. En guise de réponse aux questions de Michel Polac et Yannick Bellon, Lanza del Vasto, parlant de Céline qu’il n’apprécie guère visiblement, déclare&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il y avait un mélange d’admiration et d’horreur pour cet ignoble personnage Céline, avec ces ignobles livres, parfaitement illisibles.&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref5&quot; href=&quot;http://null/#_ftn5&quot; title=&quot;_ftnref5&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[5]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; C’est dire combien la haine était grande&amp;nbsp;!&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Or, on peut affirmer aujourd’hui qu’il fut l’un des plus grands écrivains du XX&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle, voire le plus grand. Oui&amp;nbsp;! il fut l’une des plus grandes verves de ce siècle-là, enterrant ces «&amp;nbsp;pauvres cafouilleurs&amp;nbsp;» qui se recopiaient entre eux, et il le savait, n’ayant que très peu d’estime pour eux. Mauriac avait, selon lui, mal tourné. Giono était insignifiant. Idem pour Montherlant&amp;nbsp;!&lt;a name=&quot;_ftnref6&quot; href=&quot;http://null/#_ftn6&quot; title=&quot;_ftnref6&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[6]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Car, précisément, à ses propres yeux, il travaillait et les autres ne foutaient rien. «&amp;nbsp;Voilà exactement ce que je pense&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref7&quot; href=&quot;http://null/#_ftn7&quot; title=&quot;_ftnref7&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[7]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Enôôôrme Céline&amp;nbsp;! Exaaagéré Céline&amp;nbsp;! Sûrement&amp;nbsp;! Et pourtant… il les aura &lt;i&gt;bel et bien&lt;/i&gt; enterré&amp;nbsp;! Car il n’est pas un prosateur&amp;nbsp;! Il est d’abord l’auteur d’&lt;i&gt;un&lt;/i&gt; style&amp;nbsp;! LE style&amp;nbsp;! Il a giflé la syntaxe, saucissonné les phrases, secoué l’inertie du langage… Il a installé un fauteuil à la langue populaire et à l’argot au centre même du salon très cossu de la grande littérature… qu’il a éperonnée&amp;nbsp;! Qu’il a transformée&amp;nbsp;! Qu’il a révolutionnée&amp;nbsp;!! L’écriture parlée étant, à ses yeux, plus à la mesure de l’époque… Epoque vivace&amp;nbsp;! Emotivement troublée&lt;a name=&quot;_ftnref8&quot; href=&quot;http://null/#_ftn8&quot; title=&quot;_ftnref8&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[8]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;! Or, «&amp;nbsp;retrouver l’émotion du «&amp;nbsp;parlé&amp;nbsp;» à travers l’écrit&amp;nbsp;! c’est pas rien&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref9&quot; href=&quot;http://null/#_ftn9&quot; title=&quot;_ftnref9&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[9]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Ne vous accrochez donc pas à l’histoire&amp;nbsp;! Encore moins à l’idée&amp;nbsp;! Selon Céline, de l’idée en littérature, il n’en voulait guère. En tout cas, pas dans la sienne&amp;nbsp;! Le style&amp;nbsp;! Que le style&amp;nbsp;! Peu importe les vies… «&amp;nbsp;Les écrivains ne m’intéressent que s’ils ont un style. Et s’ils n’ont pas de style, ils ne m’intéressent pas&amp;nbsp;! […] C’est rare un style, monsieur&amp;nbsp;! Un style, il y en a un, deux ou trois par génération&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref10&quot; href=&quot;http://null/#_ftn10&quot; title=&quot;_ftnref10&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[10]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Voilà&amp;nbsp;! C’est dit&amp;nbsp;! Céline, c’est le style&amp;nbsp;! Rien d’autre&amp;nbsp;! Excès de modestie&amp;nbsp;? Enième pied de nez à ses ennemis&amp;nbsp;? Ou concession faîte à tous ses persécuteurs pour trouver un petit instant de tranquillité&amp;nbsp;? Car on lui a tout fait à &lt;i&gt;Monsieur&lt;/i&gt; Céline. Oh&amp;nbsp;! oui&amp;nbsp;! TOUT&amp;nbsp;! Il a donné beaucoup aux hommes, et ils ne lui ont répondu que par des &lt;i&gt;vacheries&lt;/i&gt;. «&amp;nbsp;J’ai été dépouillé, dévalisé, pillé, salopé, ignominé de tous les côtés pour des gens qui n’en valaient pas la peine. […] Je trouve que les autres sont coupables. Pas moi&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref11&quot; href=&quot;http://null/#_ftn11&quot; title=&quot;_ftnref11&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[11]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Et le verdict est sans appel…&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Car, au fond, qu’est-ce qui lui a été reproché&amp;nbsp;à &lt;i&gt;Monsieur&lt;/i&gt; Céline ? Vraiment&amp;nbsp;? Et bien&amp;nbsp;! Très&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Georgia&quot;&gt;certainement d’avoir dénoncé la guerre. En 1932&amp;nbsp;! Vous vous rendez compte&amp;nbsp;? Guerre dénoncée dans son premier roman. Guerres, ravages, violences, carnages, charniers, souffrances. Il a montré l’homme dans sa plus grande cruauté, et sa pire bestialité. Alors&amp;nbsp;? Maintenant&amp;nbsp;! Tous ses problèmes ne viennent-ils pas du &lt;i&gt;Voyage&lt;/i&gt;&amp;nbsp;? Il l’a lui-même avoué. On lui a reproché d’écrire contre la violence de la guerre. Et ainsi on lui a reproché aveuglement sa violence&amp;nbsp;! Sans même en comprendre le sens. Pourtant il ne se sentaient pas violent, lui, Céline&amp;nbsp;! Les hommes sont violents&amp;nbsp;! Pas lui&amp;nbsp;! Violence dans le style, alors&amp;nbsp;? Pas plus&amp;nbsp;! Céline ne trouve pas. C’est du raffinement. «&amp;nbsp;Je suis raffiné. […] Et bien qu’on me tue, n’est-ce pas&amp;nbsp;? Si on tue dans un élevage la bête raffinée, c’est un drôle d’élevage&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref12&quot; href=&quot;http://null/#_ftn12&quot; title=&quot;_ftnref12&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[12]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; On lui a certainement reproché, dans le fond, de ne pas accepter de vivre comme tout un chacun&amp;nbsp;: dans l’hypocrisie&amp;nbsp;! D’avoir trouvé assez de courage pour dénoncer la guerre. Et l’histoire lui a donné raison. Pas les hommes&amp;nbsp;! Voilà&amp;nbsp;! C’est ça&amp;nbsp;! Il a eu le même courage que son personnage Bardamu dans le &lt;i&gt;Voyage,&lt;/i&gt; durant cette véritable scène d'anthologie, où ce dernier avoue à Lola qu’il ne veut plus retourner à la guerre. Car le style enfin&amp;nbsp;! Le style&amp;nbsp;! Nous n’y étions pas encore&amp;nbsp;! Oui&amp;nbsp;! C’est vrai&amp;nbsp;! C’est vrai&amp;nbsp;! Le projet de Céline est déjà bien clair dans le &lt;i&gt;Voyage au bout de la nuit&lt;/i&gt;&amp;nbsp;: fonder une langue littéraire sur ce qu’on peut saisir au vol dans les quartiers périphériques de Paris et dans les banlieues. Mais quoi&amp;nbsp;? Personne ne pourra nier que la mise en œuvre de ce dessein dans son premier roman est loin d’être parfaite. Les mots populaires sont déjà là. Certes. Mais la syntaxe, bon sang&amp;nbsp;! La syntaxe est encore toute empêtrée du français académique. Passé simple&amp;nbsp;! Imparfait du subjonctif&amp;nbsp;! Tout est là, en bonne place, pour rappeler à nos belles perruques littéraires, qu’il y avait là un ton «&amp;nbsp;littéraire&amp;nbsp;» au pire sens du terme. Non&amp;nbsp;! Ce qu’on va véritablement reprocher à ce roman de la petite bourgeoisie française de la première moitié du XX&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt;, c’est qu'il invitait en tout premier lieu à haïr la guerre. Le constat sans appel de Bardamu est d'autant plus conséquent qu'il repose en grande partie sur une «&amp;nbsp;désillusion&amp;nbsp;» quasi-générale&amp;nbsp;: tant de souffrances, tant de sacrifices ne trouvèrent après guerre aucune récompense ! A tous ces deuils, toutes ces victimes, s'ajoute une vision terrible de l’homme, dont il avoua à la fin de sa vie se méfier, car il les trouvait coupables de tout&amp;nbsp;! Ah&amp;nbsp;! pas au sens moral, mais dans la pratique&amp;nbsp;!&lt;a name=&quot;_ftnref13&quot; href=&quot;http://null/#_ftn13&quot; title=&quot;_ftnref13&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[13]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Et que dire de son antisémitisme apparu subitement dans quatre pamphlets, parus entre 1937 et 1941, d'autant plus inattendu qu'au commencement de son premier roman, Bardamu est le juif de ce microcosme&lt;a name=&quot;_ftnref14&quot; href=&quot;http://null/#_ftn14&quot; title=&quot;_ftnref14&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[14]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Impossible également de ne pas reconnaître à Céline&amp;nbsp;une méditation intensive autour de ceux qui sont exclus, hors du coup, jugés différents. Il faut noter que Céline a été élevé&amp;nbsp;au moment où&amp;nbsp;la campagne d'hostilité contre Dreyfus battait son plein&amp;nbsp;; l'affaire commençait même l'année de sa naissance. Donc pas un jour sans entendre parler des juifs. &amp;nbsp;Ce qui a très certainement marqué le garçon. Impossible qu'il ne puisse se persuader, entre dreyfusards et anti-dreyfusards, que les juifs ne forment une société spéciale. Une conviction qui ne devait pas s'accompagner nécessairement d'une hostilité ou d'un antisémitisme particulier. Mais qui demeurait tout de même une vraie porte à l'antisémitisme. Une conception du mot «&amp;nbsp;juif&amp;nbsp;» à laquelle il restera attaché sans jamais lui donner la moindre évolution, et qui lui jouera sûrement quelques tours au moment où Elisabeth Craig, sa compagne, se maria avec cet avocat juif, réveillant en lui,&amp;nbsp;les «&amp;nbsp;monstres&amp;nbsp;» de l'antisémitisme sommeillant. Mais la définition qu'il donne au mot «&amp;nbsp;juif&amp;nbsp;» en étonnera plus d'un, jusqu'à l'antisémite le plus convaincu. Dès lors, deviennent&amp;nbsp;juifs&amp;nbsp;tous ceux qu'ils craint : noirs, jaunes, comme tous ceux qu'il honnis. Gallimard ou Gide crurent, avec &lt;i&gt;Bagatelles pour un massacre&lt;/i&gt;, à la farce de conséquence destinée à combattre le racisme par le ridicule. Il suffit de relire aujourd'hui ces piètres pamphlets pour être aussitôt convaincu qu'ils sont véritablement sans «&amp;nbsp;danger&amp;nbsp;».&amp;nbsp;N'en demeure pas moins que&amp;nbsp;le &lt;i&gt;Voyage&lt;/i&gt; est un roman-monstre,&amp;nbsp;très jubilatoire. Et le reste de son œuvre n’a fait que confirmer le génie. Reprocher à Céline de s’être répété. Apitoyé sur son sort. Egaré dans une destruction de l’écriture française. C’est tout bonnement inepte&amp;nbsp;! Il faudrait d’ailleurs commencer l’œuvre de Céline par son dernier&amp;nbsp;: &lt;i&gt;Rigodon&lt;/i&gt;&amp;nbsp;! Lire à reculons&amp;nbsp;! Affronter son usage, tant redouté, tant reproché à l’auteur, des points de suspension. Points de suspension qu’il a plus tard revendiqué comme la caractéristique même de son style&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Quand je me suis engagé dans cette dite littérature, j’ai trouvé que c’était pas du tout ça… […] alors, c’est là que je me suis mis aux trois points pour être sûr d’être différent&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref15&quot; href=&quot;http://null/#_ftn15&quot; title=&quot;_ftnref15&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[15]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;! Suggérer ainsi l’informulé… La discontinuité dans le discours, et une pensée en majeure partie informe. Les romans de Céline peuvent donc être criés. Ils peuvent être lus à haute voix. Car le langage de Céline est immédiat. Les mots pas mensongers pour un sou ne cherchent à décrire aucune autre réalité qu’eux-mêmes. Torrents d’injures, flots de mensonges, atrocités et sottises, au milieu des mots qui évoquent tous les désastres et les souffrances humaines, sans jamais chercher à dépeindre le moindre sentiment ou état d’âme, on trouve une grande allégresse, un comique gai. Céline savait rendre ses personnages parfois presque burlesques. Comme s’il avait voulu introduire de l’humour dans le monde. A moins que toutes ces histoires qu’il nous desservait, touchent à tant d’horreurs, que racontées, elles nous apparaissent presque comme des farces&amp;nbsp;! Car la lourdeur des situations est balancée par la légèreté de l’écriture. Une écriture que Céline parvenait à obtenir à force de travail et d’acharnement. Travail qu’il accomplissait, non par devoir intérieur disait-il, mais pour gagner sa vie&lt;a name=&quot;_ftnref16&quot; href=&quot;http://null/#_ftn16&quot; title=&quot;_ftnref16&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[16]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Georgia&quot;&gt;Quant au reste… cela lui importait peu&amp;nbsp;! Il avait déjà tant subi&amp;nbsp;! Il n’attendait d’ailleurs plus qu’une seule chose&amp;nbsp;: la mort. Et pour l’anecdote, en guise de réponse à la question de Louis Pauwels&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Si vous deviez mourir à l’instant, quelle serait votre dernière pensée&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» il fit&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Oh&amp;nbsp;! Et bien&amp;nbsp;! Au revoir et merci&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref17&quot; href=&quot;http://null/#_ftn17&quot; title=&quot;_ftnref17&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[17]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-187092&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/02/00/415a1973a8fe905e07ec10b782e0b18c.jpg&quot; alt=&quot;b7af1e4a2555749fa162581b16a0f09f.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-187092&quot; /&gt;Cet article est paru dans le Hors-série de la Presse Littéraire, Spécial Louis-Ferndinand Céline, n°13, fev-mars,-avril 2008.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;hr size=&quot;1&quot; width=&quot;33%&quot; align=&quot;left&quot; /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn1&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref1&quot; title=&quot;_ftn1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[1]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; color: black; font-family: Tahoma&quot;&gt;Maurice G. Dantec, &lt;em&gt;Théâtre des opérations&lt;/em&gt;, Gallimard.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn2&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref2&quot; title=&quot;_ftn2&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[2]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;i&gt;En français dans le texte&lt;/i&gt;, réalisé par Alexandre Tarta 1961, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Céline vivant, Editions Montparnasse, 2007.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn3&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref3&quot; title=&quot;_ftn3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[3]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;i&gt;Voyons un peu&lt;/i&gt;, entretien audiovisuel avec André Parinaud, 1958, in Céline vivant, op. cit.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn4&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref4&quot; title=&quot;_ftn4&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[4]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;EN-GB&quot; style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot; lang=&quot;EN-GB&quot;&gt;Philipe Muray, &lt;i&gt;Céline&lt;/i&gt;, Tel Gallimard, p. 9.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn5&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref5&quot; title=&quot;_ftn5&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[5]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;i&gt;Bibliothèque de poche&amp;nbsp;: D’un Céline l’autre&lt;/i&gt;, une émission réalisée par Yannick Bellon et Michel Polac, 1969, in &lt;i&gt;Céline vivant&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn6&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref6&quot; title=&quot;_ftn6&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[6]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;Cf. Entretien audiovisuel avec André Parinaud, 1958, in &lt;i&gt;Céline vivant&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn7&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref7&quot; title=&quot;_ftn7&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[7]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;Cf. Entretien audiovisuel avec Louis Pauwels, op. cit.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn8&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref8&quot; title=&quot;_ftn8&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[8]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;Entretien audiovisuel avec André Parinaud, 1958, in Céline vivant, op. cit.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn9&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref9&quot; title=&quot;_ftn9&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[9]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;Louis-Ferdinand Céline, Entretiens avec&amp;nbsp;le Professeur Y, Folio, p. 21.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn10&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref10&quot; title=&quot;_ftn10&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[10]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;Entretien audiovisuel avec Louis Pauwels, op. cit.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn11&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref11&quot; title=&quot;_ftn11&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[11]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;Entretien audiovisuel avec André Parinaud, 1958, in Céline vivant, op. cit.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn12&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref12&quot; title=&quot;_ftn12&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[12]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;Entretien audiovisuel avec Louis Pauwels, op. cit.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn13&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref13&quot; title=&quot;_ftn13&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[13]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;Entretien audiovisuel avec André Parinaud, 1958, in Céline vivant, op. cit.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn14&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref14&quot; title=&quot;_ftn14&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[14]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; color: black; font-family: Tahoma&quot;&gt;Je cite la réflexion d'Arnold Mandel dans l'&lt;em&gt;Herne&lt;/em&gt;, p.207-209.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn15&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref15&quot; title=&quot;_ftn15&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[15]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;Entretien audiovisuel avec André Parinaud, 1958, in Céline vivant, op. cit.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn16&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref16&quot; title=&quot;_ftn16&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[16]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;Entretien audiovisuel avec André Parinaud, 1958, in Céline vivant, op. cit.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn17&quot; href=&quot;http://null/#_ftnref17&quot; title=&quot;_ftn17&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font color=&quot;#336699&quot;&gt;[17]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 9pt; font-family: Tahoma&quot;&gt;Entretien audiovisuel avec Louis Pauwels, op. cit.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; </content> </entry>  <entry> <author> <name>Marc Alpozzo</name> <uri>http://marcalpozzo.blogspirit.com/about.html</uri> </author> <title>La vie philosophique</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://marcalpozzo.blogspirit.com/archive/2008/04/18/la-vie-philosophique.html" />  <id>tag:marcalpozzo.blogspirit.com,2008-04-18:1532567</id> <updated>2008-05-10T07:35:14+02:00</updated> <published>2008-04-18T14:30:00+02:00</published>   <category term="Philosophie" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <category term="Michel Onfray" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="Philosohphie" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="Hédonisme" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="Gauche libertaire" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="Manifeste Hédoniste" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <summary>             Qu’est-ce que la philosophie&amp;nbsp;? Régulièrement, pour un grand...</summary> <content type="html" xml:base="http://marcalpozzo.blogspirit.com/"> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-175521&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/00/273770895200fa79cfdff20b8f6e0104.jpg&quot; alt=&quot;273770895200fa79cfdff20b8f6e0104.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-175521&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Qu’est-ce que la philosophie&amp;nbsp;? Régulièrement, pour un grand nombre de personnes, la réponse ressemble à une assimilation avec la sagesse. Quand ils ne sentent pas, non sans une certaine confusion, que la philosophie n’apporte aucune formule, ne dispose d’aucun objet et par-là, n’apporte aucun «&amp;nbsp;trésor&amp;nbsp;» immédiat. Une &lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;inutilité propre à la discipline, qui est à l’origine d’un nombre important d’accusations de frivolité et de vains bavardages. Pêché capital dans une époque de performances en tous genres, de rentabilité obligatoire et immédiate, de compétition et de guerre de tous contre tous. Et pourtant… Ne pourrions-nous pas affirmer en paraphrasant la formule de André Comte-Sponville,&amp;nbsp; que la philosophie, c’est vivre sa pensée, penser sa vie ?&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je suis mort à l’âge de dix ans, une belle après-midi d’automne, dans une lumière qui donne envie de l’éternité.&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref1&quot; href=&quot;#_ftn1&quot; title=&quot;_ftnref1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[1]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;i&gt;Le manifeste hédoniste&lt;/i&gt; de Michel Onfray prend ses marques dans un «&amp;nbsp;autoportrait à l’enfant&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref2&quot; href=&quot;#_ftn2&quot; title=&quot;_ftnref2&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[2]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;qui rapporte un moment incontournable de son existence. Epoque douloureuse de ses quatre années d’orphelinat chez des prêtres salésiens entre sa dixième et sa quatorzième années. Clés d’une œuvre philosophique de plus de trente ouvrages avec en guise de toile de fond, le christianisme comme ennemi philosophique et l’hédonisme comme morale et éthique. Platon avait coutume de dire qu’on ne philosophait pas le ventre vide&amp;nbsp;; on pourrait rajouter qu’on ne philosophe pas sans un premier accident de la vie. Cela même se confond. On n’attendrait pas par exemple d’un médecin venu nous soigner d’une maladie mortelle qu’il interrompt ses soins pour réfléchir sur la vie et la mort. Mais une fois rétabli, probablement serait-il alors difficile pour nous de vivre sans réfléchir, ne serait-ce qu’un instant, sur l’existence et sa fragilité.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Pourquoi philosophons-nous&amp;nbsp;? Cicéron avait coutume de dire que philosopher ce n’était autre que s’apprêter à la mort&amp;nbsp;; Montaigne écrivait que c’était apprendre à vivre.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Il serait probablement utile de réfléchir à cette première vérité du bouddhisme qui prétend que tout est souffrance. Ça ne serait pas superflu non plus de noter derrière Platon que «&amp;nbsp;nous autres hommes, nous désirons tous être heureux.&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref3&quot; href=&quot;#_ftn3&quot; title=&quot;_ftnref3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[3]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La conjonction entre ces espérances déçues de bonheur, et l’angoisse de vivre dans un monde qui ne se préoccupe pas de nous, la crainte de la mort, la tristesse et la frayeur, la souffrance au quotidien, engage les dispositions à la philosophie.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;«&amp;nbsp;La discipline, la punition, le licite, l’illicite, le bien, le mal, la faute, nous vivions en permanence dans cette atmosphère. Le travail, lui aussi s’effectue dans la crainte&amp;nbsp;: le mauvais résultat obtenu non par manque de labeur mais par défaut d’intelligence se trouve lui aussi soumis à la loi de la note hebdomadaire, puis sanctionné.&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref4&quot; href=&quot;#_ftn4&quot; title=&quot;_ftnref4&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[4]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Le moment de l’enfance est ce moment privilégié de l’éducation&amp;nbsp;: de l’apprentissage. Moment où l’on prend contact avec des valeurs. Bien, mal, licéité, travail, justice… Le contexte empirique par lequel on reçoit cet enseignement est souvent suffisant pour un grand nombre d’individus qui, par la suite, affirment, tels des dogmes, des valeurs que nous pourrions qualifier, derrière Nietzsche, d’«&amp;nbsp;illusions&amp;nbsp;», voire de «&amp;nbsp;fausses valeurs&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref5&quot; href=&quot;#_ftn5&quot; title=&quot;_ftnref5&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[5]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;. Et même si personne ne peut-être véritablement d’accord sur ce qu’est la philosophie, ni sur ce qu’elle vaut&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref6&quot; href=&quot;#_ftn6&quot; title=&quot;_ftnref6&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[6]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;, le cheminement philosophique est, pour tout un chacun, cette mise en route vers le savoir. A la différence du savant, qui le possède, le philosophe en est l’&lt;i&gt;ami&lt;/i&gt;, armé de &lt;i&gt;philia&lt;/i&gt; - exprimant en grec cet amour inconditionnel pour un être ou une chose, à partir de son essence, et non de son existence -, en quête de la vérité, non pour le plaisir de sa possession, mais par amour pour elle. D’une première manière, nous pourrions appréhender l’œuvre de Michel Onfray à partir de cette démarche. D’une autre manière, &lt;i&gt;Le manifeste hédoniste&lt;/i&gt; représente cette autre étape, franchie par le philosophe, correspondant à ce moment où il se retourne sur lui-même et prend la distance nécessaire pour sonder la légitimité et la pertinence de sa démarche. L’examen philosophique oblige le philosophe à cette &lt;i&gt;mise à distance&lt;/i&gt; avec son cheminement, sa méthode et ses outils conceptuels, faute de quoi, le savoir acquis risque fort de se fondre en un matériau dogmatique, réduit aux formules définitives et complètes, et en un enseignement figé. C’est le paradoxe même de la démarche philosophique si elle ne se protège pas de cette confusion entre tension vers le savoir et possession du savoir.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Le questionnement philosophique prend naissance dans une expérience originelle. «&amp;nbsp;Je n’en veux à personne. Je plains bien plutôt toutes ces marionnettes sur une scène trop grande pour leurs petits destins. Pauvres bougres victimes devenues bourreaux pour tâcher de ne pas se croire les jouets du &lt;i&gt;fatum&lt;/i&gt;. L’orphelinat, je le sais, en a tué quelques-uns qui ne se sont jamais vraiment remis, cassés, brisés, détruits. Il a aussi fabriqué des rouages dociles pour la machine sociale, bons époux, bons pères, bons travailleurs, bons citoyens, probablement bons croyants.&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref7&quot; href=&quot;#_ftn7&quot; title=&quot;_ftnref7&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[7]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;On connaît les analyses de Michel Foucault&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;à propos des diverses techniques très méticuleuses de pédagogie initiées par le pouvoir, et ses règles très méticuleuses de dressages des individus dans les diverses strates du corps social. Dans un précédent ouvrage&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref8&quot; href=&quot;#_ftn8&quot; title=&quot;_ftnref8&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[8]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;, Michel Onfray, proposant un versant politique de la philosophie hédoniste, portait haut la figure du rebelle qui tentait sous diverses formes de désobéissance, d’insoumission, de résistance, de s’opposer à la normalisation des corps. Pour ne pas mourir «&amp;nbsp;des hommes et de leur négativité&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref9&quot; href=&quot;#_ftn9&quot; title=&quot;_ftnref9&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[9]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;, il y eut pour Michel Onfray la philosophie. Pour se soustraire à la discipline aveugle de l’orphelinat, il y eut les livres et la musique, s’arracher à la dictature dogmatique de l’enseignement des prêtres salésiens, le questionnement philosophique et notamment celui de Nietzsche et son célèbre combat contre la morale du troupeau qu’enseigne le christianisme. Contre les fables de l’historiographie dominante, contre l’&lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; platonicien, il y aura pour Onfray la contre-philosophie&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref10&quot; href=&quot;#_ftn10&quot; title=&quot;_ftnref10&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[10]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;. Car il s’agit avant tout de passer en revue le corpus «&amp;nbsp;officiel&amp;nbsp;» de l’histoire de la philosophie&amp;nbsp;; celui qui s’est imposé durant les siècles comme étant l’esprit philosophique dominant, de l’antiquité partant de Socrate gravé dans le marbre grâce aux dialogues de Platon, jusqu’à la modernité et l’insubmersible Hegel&amp;nbsp;; philosophie dominante enseignée à l’Université, inscrite aux programmes de l’Agrégation, et trouvant son rayonnement dans «&amp;nbsp;les lieux officiels&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref11&quot; href=&quot;#_ftn11&quot; title=&quot;_ftnref11&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[11]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;S’opposer au déni du corps qui prend racine dans la philosophie de Platon, cette doctrine de l’Idée qui refuse «&amp;nbsp;la matérialité du monde&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref12&quot; href=&quot;#_ftn12&quot; title=&quot;_ftnref12&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[12]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;, et déconsidère l’immanence et la tangibilité du réel. Affirmer une méthode alternative, une éthique élective, et une morale athéologique. Dessiner les contours d’une philosophie hédoniste qui se veut une érotique solaire&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref13&quot; href=&quot;#_ftn13&quot; title=&quot;_ftnref13&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[13]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;et qui trouve sa source dans une philosophie que l’on pourrait qualifier d’&lt;i&gt;alternative&lt;a name=&quot;_ftnref14&quot; href=&quot;#_ftn14&quot; title=&quot;_ftnref14&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[14]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, inspirée, là encore, par la philosophie de Nietzsche, cet «&amp;nbsp;immoraliste&amp;nbsp;» déclaré, dont une critique de la morale, principalement chrétienne, sera le centre de gravité de toute l’œuvre.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Le travail d’un philosophe tel Michel Onfray s’inscrit dans la même dynamique. Non pas proposer une quête de destruction de toutes les valeurs, mais parvenir à une réévaluation qui se transformera bientôt en une «&amp;nbsp;transvaluation&amp;nbsp;». Etat des lieux de la philosophie dominante, du christianisme, ou de ce qu’il en reste, d’une nécessaire déchristianisation de la civilisation occidentale, et d’un athéisme post-chrétien, une telle quête philosophique est ambitieuse.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;D’une certaine façon, il s’agit de se dégager du carcan du christianisme, que la férocité de la critique nietzschéenne envisageait comme une maladie de la volonté, n’ayant de cesse de s’expliquer avec le christianisme pour le dénoncer comme étant la maladie de la civilisation occidentale&amp;nbsp;. A sa suite, Michel Onfray découvre sa nocivité, et comprend, qu’à présent, il s’agit de s’en débarrasser, - même si l’affaire est déjà largement entendue, et que le combat se porterait en réalité sur le terrain du nihilisme européen qui a succédé à la mort de Dieu, événement qui n’a encore trouvé ni son sens ni sa valeur. Nietzsche prédisait d’ailleurs ce nihilisme qui «&amp;nbsp;qualifie l’époque dans laquelle toute cartographie manque&amp;nbsp;: les boussoles font défaut et les projets pour quitter la forêt où l’on est perdu pas même envisageables.&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref15&quot; href=&quot;#_ftn15&quot; title=&quot;_ftnref15&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[15]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Il s’agit également d’en finir avec les «&amp;nbsp;hallucinés des arrières-mondes&amp;nbsp;», le concept de Dieu que les hommes ont doté de tous les attributs qui leur manquaient, tels l’immortalité, l’omnipotence, l’omniprésence, l’omniscience, afin de faire face à ce qu’ils sont&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;limités dans leur durée, leur puissance, leur savoir, leur pouvoir.&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref16&quot; href=&quot;#_ftn16&quot; title=&quot;_ftnref16&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[16]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Il s’agit de se réconcilier avec le corps et de spiritualiser la sensualité, d’en finir avec cette philosophie stupide qui prétend détruire les passions sans autre forme de procès sous prétexte qu’elles seraient absolument brutes et grossières&amp;nbsp;:&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; «&amp;nbsp;Si l’on cherche le pendant judéo-chrétien aux érotiques chinoise, indienne, japonaise, népalaise, persane, grecque, romaine, on ne trouve rien. Sinon l’inverse d’une érotique&amp;nbsp;: haine des corps, de la chair, du désir, du plaisir, des femmes et de la jouissance. Aucun art de jouir catholique, mais un savant dispositif castrateur et destructeur de toute velléité hédoniste.&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref17&quot; href=&quot;#_ftn17&quot; title=&quot;_ftnref17&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[17]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Déchristianiser la chair, et prôner une politique libertaire, dotée d’outils conceptuels efficaces pour combattre la logique impériale libérale qui a succédé à la logique socialiste et communiste, faussement révolutionnaire, et vraiment totalitaire et bureaucratique&amp;nbsp;: contre les armes d’hier, et les pouvoirs policiers, militaires et fascistes du XX&lt;sup&gt;ème&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt; siècle, on a installé le pouvoir partout, leçon de Michel Foucault, un micro-fascisme irradiant «&amp;nbsp;sur le mode rhizomique&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref18&quot; href=&quot;#_ftn18&quot; title=&quot;_ftnref18&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[18]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;l’ensemble d’entre nous. «&amp;nbsp;Le succès de l’entreprise se confirme&amp;nbsp;: dans les zones à domination libérale […]&amp;nbsp;; les politiciens au pouvoir, droite et gauche confondues, défendent un même programme sous de fausses différences orchestrées pour le spectacle…&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref19&quot; href=&quot;#_ftn19&quot; title=&quot;_ftnref19&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[19]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La société du spectacle quarante ans après les dénonciations faîtes par Guy Debord, et la servitude volontaire, plus de quatre cents ans après les analyses pénétrantes apportées par un jeune homme de dix-huit ans nommé Etienne de La Boétie ont toujours cours.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;On peut s’interroger sur la représentativité actuelle de la gauche&amp;nbsp;; la logique nietzschéenne de la gauche libertaire&amp;nbsp;; on pourra questionner la «&amp;nbsp;révolution métaphysique – et non politique&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref20&quot; href=&quot;#_ftn20&quot; title=&quot;_ftnref20&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[20]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;de l’esprit 68 qu’il s’agit de parachever, c’est-à-dire mener à son terme&amp;nbsp;; on pourra réfléchir à la politique hédoniste et libertaire qui s’oppose à «&amp;nbsp;la justification de jouissances individuelles et égoïstes sans aucune dimension politique&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref21&quot; href=&quot;#_ftn21&quot; title=&quot;_ftnref21&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[21]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;, préférant échapper au modèle dominant, en effectuant une révolution autour de soi, à partir de soi, «&amp;nbsp;en intégrant des individus choisis pour participer à ces expériences fraternelles&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref22&quot; href=&quot;#_ftn22&quot; title=&quot;_ftnref22&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[22]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;. Les questionnements et éléments pour une philosophie hédoniste dans l’œuvre de Michel Onfray sont en nombre.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Georgia&quot;&gt;Mais il s’agit là, avant tout, de quelques problèmes philosophiques dont on peut débattre. Toute réflexion philosophique qui ne contribue pas à une discussion n’est pas philosophique. Toute doctrine a ses forces et ses faiblesses. La question de l’hédonisme et de la méthode philosophique alternative trouve ses fondamentaux, apparemment, dans des modes actuelles. Il s’agit donc de déconstruire les concepts, et de revisiter ces valeurs, tel Nietzsche qui prétendait «&amp;nbsp;philosopher à coups de marteau&amp;nbsp;». Cette question discutée de la méthode critique, de la démarche réflexive et d’un arrachement à la pensée dominante, souvent dogmatique, accorde une place toujours plus importante à la liberté de la pensée qui est ce grand affranchissement de l’attitude servile. Nietzsche dans son &lt;i&gt;Humain, trop humain&lt;/i&gt; annonçait ainsi l’«&amp;nbsp;esprit libre&amp;nbsp;». Ce désir de se libération, le dynamitage de toutes les valeurs, l’expérience de la solitude qui l’accompagne sont d’ailleurs le fruit et l’engagement nécessaire pour vivre une vie philosophique.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cet article est paru dans Le Magazine des Livres n°8, Jan-fev 2008&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br clear=&quot;all&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;hr size=&quot;1&quot; width=&quot;33%&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn1&quot; href=&quot;#_ftnref1&quot; title=&quot;_ftn1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[1]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, La puissance d’exister, Paris, Grasset, 2007.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn2&quot; href=&quot;#_ftnref2&quot; title=&quot;_ftn2&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[2]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Op. cit., pp. 15-49.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn3&quot; href=&quot;#_ftnref3&quot; title=&quot;_ftn3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[3]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Platon, Euthydème, 278e.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn4&quot; href=&quot;#_ftnref4&quot; title=&quot;_ftn4&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[4]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op. cit., p.42.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn5&quot; href=&quot;#_ftnref5&quot; title=&quot;_ftn5&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[5]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Frédéric Nietzsche, Par-delà Bien et Mal, §1 et 2, «&amp;nbsp;Des préjugés des philosophes&amp;nbsp;».&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn6&quot; href=&quot;#_ftnref6&quot; title=&quot;_ftn6&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[6]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;«&amp;nbsp;On n’est d’accord ni sur ce qu’est la philosophie, ni sur ce qu’elle vaut&amp;nbsp;», Karl Jaspers, Introduction à la philosophie, Chapitre 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt;, «&amp;nbsp;Qu’est-ce que la philosophie&amp;nbsp;?&amp;nbsp;», Paris, 10/18.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn7&quot; href=&quot;#_ftnref7&quot; title=&quot;_ftn7&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[7]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op.cit., p.48.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn8&quot; href=&quot;#_ftnref8&quot; title=&quot;_ftn8&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[8]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, Politique du rebelle, Paris, Grasset, 1997.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn9&quot; href=&quot;#_ftnref9&quot; title=&quot;_ftn9&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[9]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op. Cit., p.49.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn10&quot; href=&quot;#_ftnref10&quot; title=&quot;_ftn10&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[10]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Cf. Michel Onfray, La communauté philosophique, Paris, Galilée, 2004.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn11&quot; href=&quot;#_ftnref11&quot; title=&quot;_ftn11&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[11]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op. cit., p. 77.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn12&quot; href=&quot;#_ftnref12&quot; title=&quot;_ftn12&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[12]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op.cit., p. 56.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn13&quot; href=&quot;#_ftnref13&quot; title=&quot;_ftn13&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[13]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, Théorie du corps amoureux, Pour une érotique solaire, Paris, Grasset, 2000.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn14&quot; href=&quot;#_ftnref14&quot; title=&quot;_ftn14&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[14]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Pour une vue d’ensemble, consulter les quatre tomes de Contre-histoire de la philosophie, Paris, Grasset, 2006-07.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn15&quot; href=&quot;#_ftnref15&quot; title=&quot;_ftn15&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[15]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op. cit., p. 88.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn16&quot; href=&quot;#_ftnref16&quot; title=&quot;_ftn16&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[16]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op. cit., p. 95.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn17&quot; href=&quot;#_ftnref17&quot; title=&quot;_ftn17&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[17]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op. cit., p; 122.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn18&quot; href=&quot;#_ftnref18&quot; title=&quot;_ftn18&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[18]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op. cit., p.211.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn19&quot; href=&quot;#_ftnref19&quot; title=&quot;_ftn19&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[19]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op. cit., p.210.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn20&quot; href=&quot;#_ftnref20&quot; title=&quot;_ftn20&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[20]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op. cit., p. 218.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn21&quot; href=&quot;#_ftnref21&quot; title=&quot;_ftn21&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[21]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op. cit., p. 228.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn22&quot; href=&quot;#_ftnref22&quot; title=&quot;_ftn22&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[22]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Michel Onfray, op. cit., p. 229.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; </content> </entry>  <entry> <author> <name>Marc Alpozzo</name> <uri>http://marcalpozzo.blogspirit.com/about.html</uri> </author> <title>Le fardeau de la liberté, note sur Sartre</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://marcalpozzo.blogspirit.com/archive/2008/03/12/le-fardeau-de-la-liberte-note-sur-sartre.html" />  <id>tag:marcalpozzo.blogspirit.com,2008-03-12:1505907</id> <updated>2008-03-14T00:35:12+01:00</updated> <published>2008-03-12T15:45:00+01:00</published>   <category term="Ecrivains" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />  <category term="Philosophie" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <category term="Sartre" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="L'existentialisme est un humanisme" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="Existentialisme" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <summary>         &amp;nbsp;        «&amp;nbsp;L’existentialisme athée, que je représente, est...</summary> <content type="html" xml:base="http://marcalpozzo.blogspirit.com/"> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-153834&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/00/bebd6648d1cefc3642a99885d9573ed0.jpg&quot; alt=&quot;bebd6648d1cefc3642a99885d9573ed0.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-153834&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Georgia&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;L’existentialisme athée, que je représente, est plus cohérent. Il déclare que si Dieu n’existe pas, il y a au moins un être chez qui l’existence précède l’essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et que cet être c’est l’homme ou, comme dit Heidegger, la réalité humaine. Qu’est-ce que signifie ici que l’existence précède l’essence&amp;nbsp;? Cela signifie que l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après. L’homme, tel que le conçoit l’existentialisme, s’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien. Il ne sera qu’ensuite, et il sera tel qu’il sera fait. Ainsi, il n’y a pas de nature humaine, puisqu’il n’y a pas de Dieu pour le concevoir. L’homme est non seulement tel qu’il se conçoit, mais tel qu’il se veut, et comme il se conçoit après l’existence, comme il se veut après cet élan vers l’existence, l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il fait.&amp;nbsp;[…] Quand nous disons que l’homme se choisit, nous entendons que chacun d’entre nous se choisit, mais par là nous voulons dire aussi qu’en se choisissant il choisit tous les hommes. »&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref1&quot; href=&quot;#_ftn1&quot; title=&quot;_ftnref1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[1]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dans ce passage, Sartre tire les deux conséquences essentielles du postulat principal de l’existentialisme, celui qui veut que chez l’homme «&amp;nbsp;l’existence précède l’essence&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref2&quot; href=&quot;#_ftn2&quot; title=&quot;_ftnref2&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[2]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, ce qui implique tout d’abord que l’homme doit être pleinement responsable de ce qu’il fait&amp;nbsp;; mais, chose plus étonnante, l’homme est également responsable de l’humanité.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;L’existence n’est, dit Sartre, jamais déduite d’une essence quelconque et l’homme «&amp;nbsp;n’est rien d’autre que ce qu’il fait&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref3&quot; href=&quot;#_ftn3&quot; title=&quot;_ftnref3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Alors nul ne peut invoquer la moindre nature humaine pour se décharger de la responsabilité de ses actes&amp;nbsp;: car l’homme se définit seulement après ce qu’il fait, (et non jamais avant&amp;nbsp;!) et recourir au déterminisme, psychologique ou autre, pour donner des raisons de son action, ce serait par conséquent sombrer dans ce que Sartre appelle la «&amp;nbsp;mauvaise foi&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: c’est-à-dire, le moyen par lequel l’homme cherche à éviter l’angoisse en se masquant sa liberté&amp;nbsp;: c’est donc une forme de mensonge, mais qui a la particularité d’être &lt;em&gt;mensonge à soi&lt;/em&gt;. Par la mauvaise foi, je me donne comme existant sur le mode de l’en-soi, comme les lâches qui se cachent «&amp;nbsp;par l’esprit de sérieux ou par des excuses déterministes leur liberté totale&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref4&quot; href=&quot;#_ftn4&quot; title=&quot;_ftnref4&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[4]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. C’est donc fuir ses responsabilités pour attribuer à une force inhumaine ce qui est proprement humain. C’est ce que permet de comprendre l’explication du terme «&amp;nbsp;subjectivisme&amp;nbsp;» qui apparaît chez les adversaires de Sartre comme un reproche. C’est, dit Sartre, qu’ils n’ont pas compris ce que veut dire le subjectivisme existentialiste : il signifie «&amp;nbsp;impossible pour l’homme de dépasser la subjectivité humaine&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref5&quot; href=&quot;#_ftn5&quot; title=&quot;_ftnref5&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[5]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;. Autrement dit, l’homme ne peut jamais sortir de sa condition, que ce soit pour s’élever au-dessus d’elle (dans par exemple la surhumanité décrite par Nietzsche) ou pour retomber dans l’infra-humain, l’animalité ou l’en-soi de la chose inerte&amp;nbsp;: l’homme n’est jamais déterminé que par lui-même à agir, et jamais par quelque chose d’inhumain. Seul et sans excuses,&lt;a name=&quot;_ftnref6&quot; href=&quot;#_ftn6&quot; title=&quot;_ftnref6&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[6]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; l’homme est responsable de soi.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;A l’inverse de ce qu’affirment les marxistes, ce subjectivisme n’entraîne pas un individualisme&amp;nbsp;: car l’individu, en se choisissant, ne fait jamais un choix pour lui seul mais fait un choix qui, pour lui, a une valeur&amp;nbsp;: &lt;em&gt;le choix du bien&lt;/em&gt;. Tout acte dépasse donc son origine strictement individuelle car ce qui a une valeur ne l’a &lt;em&gt;pas seulement pour moi&lt;/em&gt; mais pour tous les hommes. En choisissant ce que nous voulons être, nous choisissons l’homme «&amp;nbsp;tel que nous estimons qu’il doit être.&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref7&quot; href=&quot;#_ftn7&quot; title=&quot;_ftnref7&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[7]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; L’existentialisme n’est donc pas seulement une anthropologie, c’est-à-dire une théorie de l’homme, mais il est aussi une morale&amp;nbsp;: il passe de la description de l’homme tel qu’il est ou plutôt tel qu’il existe à ce qu’il doit être, bref à une dimension normative. Car l’homme tel qu’il est ne peut pas ne pas choisir l’humanité qu’il souhaite&amp;nbsp;: il est par conséquent également responsable devant tous de l’humanité qu’il a choisie. Responsabilité de l’homme absolument totale.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;Avant tout penseur athée, Sartre voit le fâcheux destin de l’homme qu’un des frères Karamazov évoque chez Dostoïevski, réfléchissant à l’existence de Dieu&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Si Dieu n’existait pas, tout serait permis.&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref8&quot; href=&quot;#_ftn8&quot; title=&quot;_ftnref8&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[8]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; C’est ainsi le point de départ de l’existentialisme. «&amp;nbsp;L’homme est libre, l’homme est liberté.&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref9&quot; href=&quot;#_ftn9&quot; title=&quot;_ftnref9&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[9]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Projet et choix, il va désormais habiter le monde comme une conscience qui se &lt;em&gt;réinstalle&lt;/em&gt; dans le monde sans être une chose parmi les choses&amp;nbsp;; refus d’un certain réalisme qui empêche la conscience, absorbant l’objet, de se dépasser de ce monde, de s’arracher de l’objet étant toujours de ce monde. Fidèle à l’idée d’intentionnalité de la conscience husserlienne, Sartre pose la conscience comme n’ayant point de dedans, comme n’étant rien en dehors d’elle-même. Considérant qu’une connaissance objective est possible, la conscience se distingue désormais des autres &lt;em&gt;étants&lt;/em&gt;, n’étant plus close sur soi, n’ayant besoin que de soi pour exister. Elle est donc &lt;em&gt;liberté&lt;/em&gt;. Ne s’engluant plus dans le monde, elle est cette conscience qui peut le nier ou le viser comme n’étant pas là, l’imaginer, ou le &lt;em&gt;néantiser&lt;/em&gt; selon la formule de Sartre, et par là, elle renvoie nécessairement à la liberté. Ni abstraite ou indépendante du monde dans lequel elle s’incarne, elle est concrète et individuelle. Entre être et néant, puisque l’un ne saurait exister sans l’autre, le néant ne peut venir à l’être que par la liberté, seul l’homme peut introduire du&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; non-être au sein de l’être. D’où l’idée sartrienne que «&amp;nbsp;la liberté précède l’essence de l’homme et la rend possible&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref10&quot; href=&quot;#_ftn10&quot; title=&quot;_ftnref10&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[10]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Etre même de l’homme, la liberté est ce à quoi l’homme ne saurait échapper, n’ayant pas d’essence, «&amp;nbsp;il n’y a pas de différence entre l’être de l’homme et son être-libre&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref11&quot; href=&quot;#_ftn11&quot; title=&quot;_ftnref11&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[11]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, d’où la formule paradoxale&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;l’homme est condamné à être libre.&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref12&quot; href=&quot;#_ftn12&quot; title=&quot;_ftnref12&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[12]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; Déterminé à être libre, cette liberté se présente à lui comme étant totale, sans limite, et sans condition. Notre liberté nous rappelle aussitôt à nos responsabilités absolues et entières. Car pour l’homme, la responsabilité est totale. Il n’y réchappe en aucune façon&lt;a name=&quot;_ftnref13&quot; href=&quot;#_ftn13&quot; title=&quot;_ftnref13&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[13]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Ne pouvant invoquer la moindre nature humaine pour excuser ses actes, le fardeau de la liberté est soudain à sa propre charge. Par chacune de mes attitudes, je vais exprimer cette pleine liberté. Triste, passionné, engagé, je manifeste cette liberté, essentielle contingence sans laquelle je ne serais pas. Que mes gestes ou mes sentiments me dépassent par la suite, cela n’empêche pas qu’ils expriment ma liberté. La conscience n’est jamais inerte. Elle est acte. Projet. C’est ce qu’on peut appeler une liberté en situation&amp;nbsp;: être condamné à la liberté sans rémission, et donc forcé de choisir. Car ne pas choisir étant encore le choix fait de ne pas choisir. Impossible désormais de nier cette liberté. Notre seul refuge serait la «&amp;nbsp;mauvaise foi&amp;nbsp;». Mensonge à soi-même et dérobade, l’homme aura beau prétendre que le destin peut être bien fâcheux, le contexte spatio-temporel ne constitue en aucune manière le moindre obstacle à sa liberté, mais bien «&amp;nbsp;le coefficient d’adversité à travers les techniques librement inventées, librement acquises.&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref14&quot; href=&quot;#_ftn14&quot; title=&quot;_ftnref14&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[14]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; L’homme sera devant l’incommensurable choix&amp;nbsp;: endosser l’habit d’un personnage parmi une multitude&amp;nbsp;: bourreau, médecin, écrivain, avocat etc., mais aussi obligation de choisir de vivre à la façon de tel ou tel personnage, le choix de librement fixer des limites à son désir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;Pour l’existentialisme sartrien, l’homme se choisit, et décide de sa vie même lorsqu’il n’a pas conscience de choisir. Inversion de la conception classique&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;l’existence précède l’essence.&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref15&quot; href=&quot;#_ftn15&quot; title=&quot;_ftnref15&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[15]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; C’est cette «&amp;nbsp;réalité humaine&amp;nbsp;» dont parle Sartre pour définir le &lt;em&gt;Dasein&lt;/em&gt; de Heidegger&amp;nbsp;qui est «&amp;nbsp;cet être pour lequel il est dans son être question de l’être.&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref16&quot; href=&quot;#_ftn16&quot; title=&quot;_ftnref16&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[16]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; L’homme n’a pas d’essence, puisque jeté au monde, il sera d’abord amené à exister en tant qu’existant, c’est-à-dire qu’il sera amené&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; à &lt;em&gt;ex&lt;/em&gt;-ister&amp;nbsp;: être hors du néant, donc amené à se tenir en dehors de soi-même, être condamné à ne pas coïncider avec son être, à la manière de la chose.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;L’homme peut accepter d’avoir un rapport authentique à soi, ou se refermer dans l’inauthenticité en se posant comme une chose dans le monde, acceptant par ce choix l’anonymat du «&amp;nbsp;on&amp;nbsp;» et l’inauthenticité des relations quotidiennes. L’homme demeure entièrement ce qu’il fait. Sa liberté absolue l’oblige à endosser la pleine responsabilité de ses actes. Et il ne tient jamais qu’à lui de se tenir résolu et de rouvrir la question de l’être, à travers une interrogation sur sa propre existence. Le prompt refus d’accepter un tel état de fait peut facilement s’expliquer par ce que Sartre nomme l’angoisse&lt;a name=&quot;_ftnref17&quot; href=&quot;#_ftn17&quot; title=&quot;_ftnref17&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[17]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Cette angoisse est liée à notre total engagement, au poids écrasant de cet engagement qui est au fondement de nos actes. Lorsque j’agis, je n’agis jamais pour moi seul. Et même si je tâche de m’abriter derrière le voile de la mauvaise foi, prétendant que mon acte ne vaut que pour moi-même, au moment où je me choisis par l’acte que j’accomplis, je choisis et engage par là l’humanité entière. Subjectif au départ, l’acte engage l’homme en général, c’est-à-dire que lorsque je me choisis un personnage, je choisis par là-même un rôle pour l’humanité. Je suis ce que je pense que l’homme en général devrait être. On peut alors mieux comprendre le rôle de l’angoisse. Inévitable pour celui qui voudrait se cacher sa responsabilité&amp;nbsp;; liée à la multitude des possibles et au fait que parmi tous, je ne puisse en choisir qu’un seul et doive, après coup, en assumer la responsabilité. L’angoisse se trouve être la révélation de mon attitude totalement contingente. L’angoisse est cette terrible lumière jetée sur ma facticité et l’infinité de ma liberté. On se trouve alors au centre de cette grande question kantienne&amp;nbsp;: que dois-je faire&amp;nbsp;? Et rien d’extérieur à nous ne peut décider à notre place. Ni la Raison de la morale kantienne, car elle conduit à des dilemmes, donc est incapable de choisir. Ni les sentiments, car c’est moi qui accepte de les ressentir et non d’y résister. Ni les conseils des personnes de confiance, car je choisis les personnes dont j’estimerai les conseils&amp;nbsp;; ce ne sont donc pas eux, mais moi en définitive qui décide. Pas plus les signes extérieurs (vocation, destin…) car ils n’existent que par mon interprétation, et n’ont de valeur que si je leur en donne. Je peux alors choisir de me suicider rien ne m’oblige à sauver ma vie. Pas plus la prudence que tout autre motif raisonnable.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;L’existentialisme n’est pourtant pas l’apologie de l’acte gratuit. Il n’y pas de nature humaine (universelle) mais une condition humaine (universelle). Pas de valeurs morales transcendantes à la subjectivité, mais une morale de l’engagement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;L’homme est entièrement libre. Aussi il ne peut nier que la découverte soudaine de cette liberté s’accompagne d’une morale du fait même qu’il se trouve soudain lié et solidaire à tout ce qui se passe dans le monde. D’abord, avant même d’agir, il doit tenir compte de choisir une morale en fonction de trois critères&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;a) la situation qui s’impose à tout homme&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;b) l’universalité du projet, c’est-à-dire que tout homme devrait pouvoir faire la même chose que lui&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;c) l’authenticité de ses pensées, c’est-à-dire refuser la mauvaise foi et tendre vers l'authenticité.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;Ainsi Sartre accorde à l’homme, le rôle de législateur de lui-même, car selon Sartre,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; la «&amp;nbsp;vraie&amp;nbsp;» liberté se gagne en conformité à des règles. Il n’y a aucune aliénation de sa liberté. Certes, il sera soumis à la pression des circonstances, mais en tout état de cause, quoi qu’il choisisse, on ne pourra jamais accuser son acte de la moindre gratuité.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;Sartre a probablement modifié le concept d’existence&amp;nbsp;; certes, il s’est raccroché à l’école de l’humanisme – ce qui a ressemblé pour beaucoup à de l’opportunisme – cela l’a ainsi contraint&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; à apporter de nombreuses précisions à propos de l’homme, ce qu’il a pu ensuite organiser en doctrine. L’existentialisme se concilie désormais avec humanisme en ce sens que la liberté jamais altérée par le déterminisme est, en fait, éclairée &lt;em&gt;par&lt;/em&gt; ce dernier&lt;a name=&quot;_ftnref18&quot; href=&quot;#_ftn18&quot; title=&quot;_ftnref18&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[18]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. Pour Sartre, l’homme est au centre de sa vie et de ses choix qu’il prend de son plein gré&amp;nbsp;; libre ou esclave, il est toujours libre et tout entier. Il n’est plus définissable par ce qu’il est mais par ce qu’il peut être. Jamais fermé sur soi, il peut se dépasser «&amp;nbsp;hors de soi&amp;nbsp;», vers des possibles qui ne dépendent que de lui. En acceptant cet argument philosophique, on pourrait enfin mettre à mal cette terrible tendance contemporaine à se trouver systématiquement des excuses, et que Pascal Bruckner avait très justement nommé en parlant de «&amp;nbsp;tentation de l’innocence&amp;nbsp;»&lt;a name=&quot;_ftnref19&quot; href=&quot;#_ftn19&quot; title=&quot;_ftnref19&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[19]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;Bien sûr, Sartre ne nie pas la détermination de notre condition physique et sociale. Mais notre liberté n’est pas limitée par celle-ci. Il réfute que nous ne soyons pas libres ni d’échapper au sort de notre classe sociale, ni aux maladies ou à nos passions – l’argument devenu un grand classique pour&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; nier la liberté humaine.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;En fait, Sartre répond à l’argument du déterminisme, par l’argument même. Loin de m’affaiblir, le déterminisme propulse ma liberté au premier plan&amp;nbsp;;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; m’oblige à choisir. Durant l’occupation, l’homme était systématiquement confronté au choix&amp;nbsp;: collaborer ou résister&amp;nbsp;; ce choix révélait sa nature d’homme libre. Et face au choix, il demeurait encore libre de ne pas choisir&amp;nbsp;: &lt;em&gt;c’était un choix&amp;nbsp;!&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Car article est paru dans le numéro deux des Carnets de la philosophie&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br clear=&quot;all&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;hr size=&quot;1&quot; width=&quot;33%&quot; align=&quot;left&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn1&quot; href=&quot;#_ftnref1&quot; title=&quot;_ftn1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[1]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, Folio-essai, pp. 29-30.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn2&quot; href=&quot;#_ftnref2&quot; title=&quot;_ftn2&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[2]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Op. Cit., p. 39.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn3&quot; href=&quot;#_ftnref3&quot; title=&quot;_ftn3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[3]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Op. cit., p. 30.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn4&quot; href=&quot;#_ftnref4&quot; title=&quot;_ftn4&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[4]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Op. cit., p.70.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn5&quot; href=&quot;#_ftnref5&quot; title=&quot;_ftn5&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[5]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;«&amp;nbsp;Il y a deux sens au mot subjectivisme, et nos adversaires jouent sur ces deux sens. Subjectivisme veut dire d’une part choix du sujet individuel par lui-même, et, d’autre part, impossibilité pour l’homme de dépasser la subjectivité humaine. C’est le second sens qui est le sens profond de l’existentialisme&amp;nbsp;», op. cit., p.31.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn6&quot; href=&quot;#_ftnref6&quot; title=&quot;_ftn6&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[6]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;«&amp;nbsp;Si en effet, l’existence précède l’essence, on ne pourra jamais expliquer par référence à une nature humaine donnée et figée&amp;nbsp;; autrement dit, il n’y a pas de déterminisme, l’homme est libre, l’homme est liberté. Si d’autre part, Dieu n’existe pas, nous ne trouvons pas en face de nous des valeurs ou des ordres qui légitimerons notre conduite. Ainsi, nous n’avons ni derrière nous, ni devant nous, dans le domaine numineux des valeurs, des justifications ou des excuses. Nous sommes seuls, sans excuses&amp;nbsp;», op. cit., p.39.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn7&quot; href=&quot;#_ftnref7&quot; title=&quot;_ftn7&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[7]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Op. cit. p. 32.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn8&quot; href=&quot;#_ftnref8&quot; title=&quot;_ftn8&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[8]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Op. cit., p. 39.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn9&quot; href=&quot;#_ftnref9&quot; title=&quot;_ftn9&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[9]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Op. cit., p. 39.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn10&quot; href=&quot;#_ftnref10&quot; title=&quot;_ftn10&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[10]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Jean-Paul Sartre, L’Etre et le néant, Tel, Gallimard, 1976, p. 60.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn11&quot; href=&quot;#_ftnref11&quot; title=&quot;_ftn11&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[11]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Op. cit., p. 60.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn12&quot; href=&quot;#_ftnref12&quot; title=&quot;_ftn12&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[12]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Op. cit., p. 39.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn13&quot; href=&quot;#_ftnref13&quot; title=&quot;_ftn13&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[13]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;«&amp;nbsp;Mais si vraiment l’existence précède l’essence, l’homme est responsable de ce qu’il est&amp;nbsp;», op. cit., p. 31.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn14&quot; href=&quot;#_ftnref14&quot; title=&quot;_ftn14&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[14]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;EN, p.545.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn15&quot; href=&quot;#_ftnref15&quot; title=&quot;_ftn15&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[15]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;EH, 32.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn16&quot; href=&quot;#_ftnref16&quot; title=&quot;_ftn16&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[16]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;EN, p.112.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn17&quot; href=&quot;#_ftnref17&quot; title=&quot;_ftn17&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[17]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;«&amp;nbsp;L’existentialiste déclare volontiers que l’homme est angoisse. Cela signifie ceci&amp;nbsp;: l’homme qui s’engage et qui se rend compte qu’il est non seulement celui qu’il choisit d’être, mais encore un législateur choisissant en même temps que soi l’humanité entière, ne saurait échapper au sentiment de sa totale et profonde responsabilité&amp;nbsp;», op. cit., p. 33.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn18&quot; href=&quot;#_ftnref18&quot; title=&quot;_ftn18&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;&lt;span&gt;[18]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;Cf. &lt;em&gt;L’Etre et le néant&lt;/em&gt;, p.538-539.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn19&quot; href=&quot;#_ftnref19&quot; title=&quot;_ftn19&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[19]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Grasset, 1995.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; </content> </entry>  <entry> <author> <name>Marc Alpozzo</name> <uri>http://marcalpozzo.blogspirit.com/about.html</uri> </author> <title>Voyage au bout de l’histoire</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://marcalpozzo.blogspirit.com/archive/2008/02/06/voyage-au-bout-de-l-histoire.html" />  <id>tag:marcalpozzo.blogspirit.com,2008-02-06:1479755</id> <updated>2008-02-06T08:39:59+01:00</updated> <published>2008-02-06T08:35:00+01:00</published>   <category term="Horreurs de l'histoire" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />  <category term="La fin des idoles" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />  <category term="Philosopher à coups de marteau" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />  <category term="Politique" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />  <category term="Post-humanisme" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />  <category term="Science" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <category term="Hiroshima" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="Nagasaki" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="Günther Anders" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="Paul Valéry" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="Hannah Arendt" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="La fin de l'histoire" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <category term="La bombe atomique" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#tag" />  <summary>               Hiroshima.  06 août 1945. 2h45. Heure locale. Un champignon...</summary> <content type="html" xml:base="http://marcalpozzo.blogspirit.com/"> &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; style=&quot;font-family: Garamond&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-131352&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/00/1ea5f4d80ce05f432235d6684387f917.jpg&quot; alt=&quot;1ea5f4d80ce05f432235d6684387f917.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-131352&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; style=&quot;font-family: Garamond&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Hiroshima. &lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;06 août 1945. 2h45. Heure locale. Un champignon nucléaire absolument impressionnant s’élève au-dessus du monde. La guerre touche désormais à sa fin. La technique et ses prouesses viennent de mettre un terme à un conflit qui oppose deux peuples. Contre toute attente cependant, cette prouesse technique qui a hâté le cours des choses, cisèle soudainement l’humanité dans un destin universel et irréversible.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;«&amp;nbsp;Pour nous qui sommes l’histoire, cela signifie que nous ne sommes pas en meilleure position que nos ancêtres après l’effondrement de leur fierté géocentrique.&amp;nbsp;Nous sommes là comme des péquenauds cosmiques qui doivent admettre que cela fonctionne très bien sans eux&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref1&quot; href=&quot;#_ftn1&quot; title=&quot;_ftnref1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[1]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;.&amp;nbsp;» Voici donc une formule terrifiante. Formule posée par une pensée de la catastrophe qui pense l’irréversible. Pensée de l’irréversibilité de l’histoire. Une histoire désormais entre les mains de l’homme. Elle n’est pourtant pas neuve&amp;nbsp;: Paul Valéry, au lendemain de la Première Guerre mondiale, écrivait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nous avons vu, de nos yeux vu, le travail consciencieux, l’instruction la plus solide, la discipline et l’application les plus sérieuses adaptés à d’épouvantables desseins […]. Tant d’horreurs n’auraient été possibles sans tant de vertus. Il a fallu sans doute beaucoup de science pour tuer tant d’hommes, dissiper tant de biens, anéantir tant de villes en si peu de temps, mais il a fallu non moins de qualités morales. Savoir et Devoir, vous êtes donc suspects&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref2&quot; href=&quot;#_ftn2&quot; title=&quot;_ftnref2&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[2]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» 1945&amp;nbsp;: les deux guerres mondiales, la Shoah, la menace nucléaire. Voilà que les accents soupçonneux du génie de Valéry se transforment soudain en en une terrible certitude. Nous étions jusqu’ici habitués à ce que la vie, quel que soit l’accident de l’histoire, reprenne assurément son cours. Les hommes certes disparaissaient, mais l’homme demeurait. Telles les roses qui refleurissaient à chaque printemps. Voilà que l’avènement de la bombe venait subitement de briser ce cours trop tranquille des choses. Au lendemain d’Hiroshima, pendant que l’Occident se félicite d’avoir réussit une nouvelle prouesse technique avec le lancement de la première bombe atomique, curieusement surnommée «&amp;nbsp;Little boy&amp;nbsp;», quelques voix s’élèvent tout de même des deux côtés de l’Atlantique pour dénoncer cette terrifiante et effarante entrée dans une nouvelle ère&amp;nbsp;: celle de l’&lt;i&gt;humanicide&lt;/i&gt;. Ce fut le cas de Jean-Paul Sartre et son article &lt;i&gt;Réflexions sur Hiroshima&lt;a name=&quot;_ftnref3&quot; href=&quot;#_ftn3&quot; title=&quot;_ftnref3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;[3]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Albert Camus qui écrira que «&amp;nbsp;l’intellectuel, c’est celui qui sait résister à l’air du temps&amp;nbsp;», ou Günther Anders qui reproche aux hommes d’être touts-puissants parce que justement &lt;i&gt;impuissants&lt;/i&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Hiroshima et Nagasaki. Ce ne sont pas seulement deux évènements majeurs sur la scène internationale en &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/02/00/f7bef58c212b6519269e5a2127edbf48.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-131353&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/02/00/81df04c12752c6d4c828d8d4a8d8cd19.jpg&quot; alt=&quot;f7bef58c212b6519269e5a2127edbf48.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-131353&quot; /&gt;&lt;/a&gt;terme d’armes de destruction massive. L’anéantissement soudain d’une armée, celle d’un peule qui vient d’être irradié scellent le destin des bourreaux et des victimes comme un et un seul, avec pour corollaire un retournement métaphysique flagrant. L’événement est littéralement &lt;i&gt;surdimensionné&lt;/i&gt;. Du genre des «&amp;nbsp;mortels&amp;nbsp;» l’homme glisse irréversiblement au genre de «&amp;nbsp;mortel&amp;nbsp;». «&amp;nbsp;Nous &lt;i&gt;sommes&lt;/i&gt; […] autres. Nous sommes des êtres d’un nouveau genre. Des évènements de la taille d’Hiroshima n’attendent pas de savoir si nous voulons bien condescendre à les envisager et à nous mesurer à eux. Ce sont eux qui décident qui est transformé. D’où la question&amp;nbsp;: qu’est-ce que l’événement Hiroshima a transformé en nous&amp;nbsp;? Notre statut métaphysique&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref4&quot; href=&quot;#_ftn4&quot; title=&quot;_ftnref4&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[4]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;.&amp;nbsp;» Bienvenue dans une terrible et absurde révolution. Contre la dialectique hégélienne qui conférait à l’histoire universelle l’ultime possibilité de dépasser, de surmonter les antithèses, les contradictions et les conflits par l’histoire elle-même&amp;nbsp;; contre Hegel, le penseur de la totalité qui englobe et réconcilie, posant l’homme au sein d’un vaste système dont le centre de gravité n’est autre qu’une sorte de grand soir de l’histoire à partir duquel toutes les étapes trouvent soudain leur juste place, faisant de la sorte de l’histoire une grande cérémonie ordonnée par les cercles du système&amp;nbsp;; contre cette terrible allégation de Hegel dans un cours du 18 septembre 1806 à Iéna&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nous sommes aux portes d’une époque importante, un temps de fermentation, quand l’esprit avance d’un bond, transcende sa forme précédente et en prend une nouvelle. L’ensemble des représentations, des concepts et des liens antérieurs qui relient notre monde se dissolvent et s’effondrent, comme un tableau rêvé. Une nouvelle phase spirituelle se prépare. La philosophie spécialement doit accueillir son apparition et la reconnaître, alors que les autres, qui s’y opposent de manière impuissante, s’accrochent au passé.&amp;nbsp;» Nous vivons après l’effondrement de la certitude géocentrique pour nos ancêtres, l’effondrement de cette demi-certitude d’être le peuple élu d’un esprit universel se réalisant sur le théâtre de l’histoire pour nous dont l’existence d’éphémère est devenue «&amp;nbsp;éphémère au carré&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref5&quot; href=&quot;#_ftn5&quot; title=&quot;_ftnref5&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[5]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;». Terribles désillusions «&amp;nbsp;pour nous qui sommes l’Histoire&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref6&quot; href=&quot;#_ftn6&quot; title=&quot;_ftnref6&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[6]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;», et dont il n’est même plus possible de surmonter «&amp;nbsp;le choc de notre provincialisation en faisant appel à un ersatz d’absolu&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref7&quot; href=&quot;#_ftn7&quot; title=&quot;_ftnref7&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[7]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/02/975880b8d3a71152b65681f638d89d62.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-131354&quot; src=&quot;http://marcalpozzo.blogspirit.com/media/01/02/6081d7a16de35a32220883c1a6b09fd2.jpg&quot; alt=&quot;975880b8d3a71152b65681f638d89d62.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-131354&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le fin de l’histoire, jusqu’ici analysée et comprise comme un but ultime et idéal, dans lequel l’homme trouve sa libération, plein affranchissement de la nature dont il était jusque là dépendant, se transforme en un étourdissant moment final dans lequel le non-être s’est substitué à l’être, la fin de l’aventure humaine venant ainsi parachever la fin du cheminement dialectique de l’esprit universel, et faisant par là mentir Hegel pour lequel le réel est rationnel et le rationnel réel, ce qui veut dire en d’autres termes que toutes les horreurs de l’histoire ne sont que réalités particulières relativisées par une réalité générale qui, grâce à une évidence rationnelle, finit par tout expliquer. « On ne rédige pas des testaments de façon posthume. Il faut recommander aux historiens et romanciers qui ne se contentent pas de voir les signes du temps mais comprennent aussi qu’il faut les lire comme les signes d’une menaçante perte du temps, de commencer dès aujourd’hui leurs histoires par la formule&amp;nbsp;: &quot;Il aura été une fois une Histoire&amp;nbsp;!&quot;&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref8&quot; href=&quot;#_ftn8&quot; title=&quot;_ftnref8&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[8]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;» Point ultime de rencontre du &lt;i&gt;kairos&lt;/i&gt; de l’ontologie. Nous sommes dès lors mis en présence, pour la première fois depuis le commencement de l’humanité, de cette possibilité rendue bien réelle d’une apocalypse certaine et définitive nous offrant la chance d’une première et véritable rencontre avec le non-être. Une équation métaphysique qui remet désormais la recherche de l’être de Heidegger au centre de la pensée philosophique.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Condamnés à vivre jusqu’ici comme les premiers des derniers hommes, la bombe fait définitivement de nous les derniers hommes d’un monde apocalyptique. Il s’agit toutefois de refuser l’expression de «&amp;nbsp;suicide atomique&amp;nbsp;». Nous vivons dans ce que Günther Anders nomme «&amp;nbsp;Le temps de la fin&amp;nbsp;». D’un côté, les coupables&amp;nbsp;; de l’autre, les victimes. Et une frontière étrangement floue. Car l’essence même de la puissance atomique nous pousse à dépasser la distinction. D’où l’adéquation «&amp;nbsp;habere = adhibere&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;avoir = utiliser.&amp;nbsp;» La bombe fait irréductiblement de ceux qui la possèdent des maîtres-chanteurs. Car, qu’ils le veuillent ou non, ceux qui la possèdent pour l’utiliser, en la possédant l’utilisent.&amp;nbsp;De fait, «&amp;nbsp;aujourd’hui, il est parfaitement clair que la coupure passe entre ceux qui possèdent l’arme nucléaire et ceux qui ne la possèdent pas&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref9&quot; href=&quot;#_ftn9&quot; title=&quot;_ftnref9&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[9]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;.&amp;nbsp;» Une coupure qui, paradoxalement, n’en est pas une. Qui prétendrait le contraire&amp;nbsp;? Il est avéré que la détention de la bombe ne garantit ni sauvetage ni sécurité pour ceux qui la possèdent. D’où l’adage populaire&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;On crèvera tous ensemble&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref10&quot; href=&quot;#_ftn10&quot; title=&quot;_ftnref10&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[10]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;.&amp;nbsp;» Idée d’une apocalypse aussi définitive qu’elle suscite dès lors l’indifférence dans la mesure où, se présentant telle qu’elle serait irréversible et destinée à tous les hommes, elle est de nature à convaincre la plus grande masse de mortels qu’elle peut continuer de vivre tranquillement sans renoncer à son cigare puisqu’il ne peut rien lui arriver. D’où cette réflexion de Günther Anders&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Si la menace porte déjà en elle le germe empoisonné de la minimisation, cela signifie en même temps que nous – et même nous, les semeurs de panique professionnels – nous avons toujours sous-estimé sa grandeur. Nous aurons à en tirer les conséquences&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref11&quot; href=&quot;#_ftn11&quot; title=&quot;_ftnref11&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[11]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;«&amp;nbsp;La quantité de haine et de méchanceté requise pour la massacre d’un seul homme par ses prochains est négligeable pour les employés qui sont derrière un tableau de commandes. Un bouton est un bouton. […] Dans aucun (des) cas ne m’est demandé le moindre sentiment. Je suis absous du bien comme du mal&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref12&quot; href=&quot;#_ftn12&quot; title=&quot;_ftnref12&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[12]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;.&amp;nbsp;» La sentence est sans appel. Nous sommes ainsi mis en présence de l’immensité de la menace. Par la bombe, les grandes valeurs régulatrices que furent le Bien et le Mal sont à présent obsolètes devant l’imminence de la catastrophe. Il n’y a désormais plus aucun rapport entre l’acte et ses effets. Nous pourrions à présent commettre &lt;i&gt;les pires choses&lt;/i&gt; selon la loi de l’innocence. Hannah Arendt en son temps, à propos de Eichmann et de la solution finale, avait utilisé un concept terrifiant, celui de «&amp;nbsp;banalité du mal&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref13&quot; href=&quot;#_ftn13&quot; title=&quot;_ftnref13&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[13]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;». Au lendemain des camps de la mort,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; l’Occident apprenait cette bien mauvaise nouvelle&amp;nbsp;: nous pouvions à présent faire le mal sans le souhaiter. Une terrible évidence qui trouve un écho retentissant dans la détention de la bombe. Car, par celle-ci, plus grand sera le nombre de victimes, plus petit sera le nombre de coupables. Günther Anders appelle cette loi, la loi de l’oligarchie&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref14&quot; href=&quot;#_ftn14&quot; title=&quot;_ftnref14&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[14]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;La dimension d’un tel risque n’est pas seulement philosophique. Elle est également morale et politique. L’auto-anéantissement de l’humanité supposé fait glisser le moment dans lequel nous vivons d’époque à délai. Le temps cesse alors d’être au sens kantien une «&amp;nbsp;forme conditionnante&amp;nbsp;» pour devenir &lt;i&gt;temps de la fin&lt;/i&gt;. C’est-à-dire qu’elle se distingue des autres époques, étant à la fois proche de la fin et sans fin, mais surtout parce que sans vraie fin, celle-ci nous regardant désormais, le «&amp;nbsp;temps&amp;nbsp;» dépend à présent de notre propre volonté. Voilà ce qui fait certainement dire à François L’Yvonnet dans sa préface&amp;nbsp;à l’ouvrage de Günther Anders : «&amp;nbsp;Les philosophes n’ont fait qu’interpréter et transformer le monde. Désormais, il importe de le conserver&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref15&quot; href=&quot;#_ftn15&quot; title=&quot;_ftnref15&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[15]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;.&amp;nbsp;»&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Il s’agit certes de résister aux mouvements nihilistes de la crainte de l’anéantissement, aux réflexions quelque peu anxiogènes des &lt;i&gt;déclinologues&lt;/i&gt;. Certes nous avons semble-t-il quitté le délai chrétien. Ce véritable problème de l’avènement d’une catastrophe suite à un délai qui n’est pas encore écoulé puisque la catastrophe n’a pas encore eu lieu&amp;nbsp;; problème devenu celui d’un délai écoulé durant lequel nous avons été capables de vivre avec la catastrophe et de la maîtriser. Il s’avère que la dimension à la fois eschatologique et apocalyptique de cette période de la fin de laquelle nous sommes désormais prisonniers doit dès lors nous faire prendre conscience que nous n’avons plus le temps de reporter la tâche. Celle de nous survivre à nous-mêmes. «&amp;nbsp;Il est certain que nous devons courir plus vite que les hommes des temps antérieurs et même plus vite que le cours du temps lui-même&amp;nbsp;; nous l’aurons ainsi toujours déjà dépassé et aurons toujours assuré sa place dans le demain, avant qu’il ait lui même atteint cette place&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftnref16&quot; href=&quot;#_ftn16&quot; title=&quot;_ftnref16&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;[16]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;», conclut Günther Anders, soulignant ainsi que rien n’a jusqu’&amp;nbsp;ici été l’horizon indépassable de notre histoire si ce n’est la bombe elle-même.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Garamond&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;strong&gt;(Cet article est paru dans le numéro&amp;nbsp;sept du &lt;em&gt;Magazine des livres&lt;/em&gt; de&amp;nbsp;novembre-décembre 07)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br clear=&quot;all&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;_____________________________________________________&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn1&quot; href=&quot;#_ftnref1&quot; title=&quot;_ftn1&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[1]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Günther Anders, &lt;i&gt;Le temps de la fin&lt;/i&gt;, Editions de l’Herne, 2007, p.17.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoFootnoteText&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_ftn2&quot; href=&quot;#_ftnref2&quot; title=&quot;_ftn2&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[2]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Valéry, «&amp;nbsp;La crise de l’esprit&amp;nbsp;», in &lt;i&gt;Variété I&lt;/i&gt;, Gallimard, Coll. Idées, 1978, p.15.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftn3&quot; href=&quot;#_ftnref3&quot; title=&quot;_ftn3&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[3]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Jean-Paul Sartre, in &lt;i&gt;Les temps modernes&lt;/i&gt;, n°1, 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; octobre 1945.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;a name=&quot;_ftn4&quot; href=&quot;#_ftnref4&quot; title=&quot;_ftn4&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[4]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Günther Anders, op. cit., p.12.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;a name=&quot;_ftn5&quot; href=&quot;#_ftnref5&quot; title=&quot;_ftn5&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[5]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Günther Anders, op. cit., p.18&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;a name=&quot;_ftn6&quot; href=&quot;#_ftnref6&quot; title=&quot;_ftn6&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[6]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Günther Anders, op. cit., p.17.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;a name=&quot;_ftn7&quot; href=&quot;#_ftnref7&quot; title=&quot;_ftn7&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[7]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Günther Anders, op. cit., p.17.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;a name=&quot;_ftn8&quot; href=&quot;#_ftnref8&quot; title=&quot;_ftn8&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[8]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Günther Anders, op. cit., p.22.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;a name=&quot;_ftn9&quot; href=&quot;#_ftnref9&quot; title=&quot;_ftn9&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[9]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Günther Anders, op. cit., p.38.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;a name=&quot;_ftn10&quot; href=&quot;#_ftnref10&quot; title=&quot;_ftn10&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[10]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Günther Anders, op. cit., p.40.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;a name=&quot;_ftn11&quot; href=&quot;#_ftnref11&quot; title=&quot;_ftn11&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[11]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Günther Anders, op. cit., p.51.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;a name=&quot;_ftn12&quot; href=&quot;#_ftnref12&quot; title=&quot;_ftn12&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[12]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Günther Anders, op. cit., p.52.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn13&quot; href=&quot;#_ftnref13&quot; title=&quot;_ftn13&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteReference&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;[13]&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; &lt;span xml:lang=&quot;NL&quot; lang=&quot;NL&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Hannah Arendt, &lt;i&gt;Eichmann à Jérusalem&lt;/i&gt;, Folio-Essai.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;a name=&quot;_ftn14&quot; href=&quot;#_ftnref14&quot; title=&quot;_ftn14&quot;&gt;&lt;span class=&quot;MsoFootnoteRef