Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Vivre en pleine conscience » avec Thich Nhat Hanh

Les cinq volumes du moine bouddhiste Thich Nhat Hanh MangerS’asseoirMarcherAimer et Se détendre sont réunis en un seul volume aux éditions Belfond. Quelques petits guides inspirants afin de montrer à chacun d’entre nous que le chemin est en nous, et jamais ailleurs.

Thich Nhat HanhAvec Tich Nhat Hanh nous entrons dans le monde de la pleine conscience, que nous soyons en train de manger, de marcher, de se détendre, d’aimer, ou même lorsque l’on accomplit un acte aussi anodin que s’asseoir. Ça n’est d’ailleurs pas un hasard, puisque la pleine conscience s’atteint dans les moments plus simples, les plus ordinaires, comme manger, une pomme par exemple, et que nous soyons attentifs au fait que nous mangions cette pomme, que dans cette pomme il y a le soleil, les nuages, le labeur de l’agriculteur, etc.

 

Vivre donc en pleine conscience. Est-ce si difficile ?

 

Pour être vraiment présents, nous devons arrêter de penser. Tel est le secret de la réussite. »

 

Ce que nous devons comprendre c’est à la fois la force du mental et ses limites. Si nous nous tenons dans le mental toute la journée, nous manquons les choses essentielles de la vie ordinaire ; cette vie ordinaire, souvent dépréciée, car trop ordinaire, et pourtant importante à notre bonheur. Lâcher donc avec le mental, c’est lâcher avec les illusions d’une vie que nous construisons dans notre tête sans réaliser qu’elle n’est jamais réelle, mais toujours saturée de nos angoisses et anxiétés. Manger sans penser. Attendre sans attendre. Cuisiner sans se presser. Communier. Eteindre la radio et la télévision intérieure.

Le moine bouddhiste vietnamien nous enseigne une seule chose : lâcher-prise avec le mental. Rien de ce que vous vivez n’est à l’extérieur de vous. Voilà donc l’ultime paradoxe de la vie. Le seul chemin qu’il nous faut faire pour parvenir à la sérénité et la tranquillité de l’âme est un cheminement intérieur. Car tout se passe en vous. Voilà ce que ce moine, pressenti pour le prix Nobel pour la paix, habitant au Village des Pruniers dans le Sud-Ouest de la France nous apprend avec un style dépouillé, et aucune théorie absconse. Cette sagesse s’adresse à tout le monde.

 

Thich Nhat Hanh

 

Mais qu’est-ce qu’on apprend encore ? Que dans chaque cuillérée que l’on mange est contenu l’univers. Que l’on peut méditer en faisant la vaisselle. Que dans chaque tasse de thé que l’on boit est contenu un nuage. Que la planète est nous ne faisons qu’un. Que l’on peut faire des erreurs, c’est plutôt bon pour nous. Que l’on peut ne rien faire et ne pas culpabiliser.

 

S’asseoir, c’est avant tout se délecter du plaisir de s’asseoir, du plaisir d’être pleinement vivant au contact avec les merveilles de notre corps qui fonctionne, avec les merveilles autour de nous : l’air frais, la voix des personnes près de nous, les chants des oiseaux, les couleurs du ciel toujours changeantes… »

 

Je sais que l’Occident n’est pas encore tout à fait prêt à recevoir un enseignement comme celui-ci, même si le succès de ces ouvrages confirme que c’est en très bonne voie, mais je dois le dire, cette série de petits guides réunis en un seul volume m’a enchanté, non seulement par sa forme poétique et philosophique, mais aussi, par son pragmatisme, et sa lucidité sur les choses, la vie et l’univers. Cette sagesse transforme la désolation en nous en paix en soi. Elle est une sagesse en marche, prête à prendre par la main l’enfant intérieur que nous ignorons trop souvent, afin de nous guider vers cette terre qui est notre royaume intérieur, cette divinité intérieure que nous n’avons pas encore chercher à découvrir.

 

Tinch Nhat Hanh, Vivre en pleine conscience, Belfond, novembre 2017.

  • Chronique parue initialement dans la revue Boojum.net

Les commentaires sont fermés.