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« Vivre une vie philosophique », Thoreau par Onfray

Le philosophe médiatique Michel Onfray revient sur un mythe philosophique américain, Henry-David Thoreau, en proposant dans son nouvel ouvrage un portrait écologiste et libertaire du philosophe de la désobéissance civile.

« Simplicity, simplicity, simplicity! I say, let your affairs be as two or three, and not a hundred or a thousand; instead of a million count half a dozen… »
Henry David Thoreau
Walden, 1854

 

onfray.jpgL’éditeur l’annonce ainsi : « Michel Onfray […] déconstruit les mythologies religieuses, philosophiques, sociales et politiques génératrices d’illusions. » Et donc, après s’être attaqué à Freud, Sartre, Kant, Platon, et excusez du peu Dieu lui-même, voilà que notre déconstructeur français nous propose un livre sur Henry David Thoreau, qu’il semble autant apprécier que l’écrivain et philosophe d’Alger Camus.

Les titres mêmes des chapitres sont évocateurs : « Qu’est-ce qu’un grand homme ? », « Un indien chez les cowboys », « Une cabane transcendantale », « Le contre-frottement qui arrête la machine ». Après avoir célébré les mérites d’un Albert Camus honnis de l’intelligentsia parisienne, honnis de Sartre et Beauvoir, le voilà déterrant, pour célébrer l’année du bicentenaire de désobéissant américain, un texte en forme de manifeste pour une vie philosophique libre.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’une fois de plus, l’entreprise de Michel Onfray ne manque pas d’ambition. Elle n’en est pas moins tournée vers l’autre, non plus. Altruiste, elle passe en revue les ouvrages de l’écrivain américain écologiste avant l’heure, puisque de nombreuses pages sont consacrées au journal de Thoreau et à son chef-d’œuvre de la philosophie existentielle Walden dans les bois.

Son but : nous révéler une autre part de Thoreau. Une part enfouie, obscure, pas assez mis à jour : celle du Thoreau politique, épris de justice, et opposé à l’État, devenu au fil des années l’apôtre d’une certaine insurrection, théorisée dans ses livres De la désobéissance civile, ou encore son Plaidoyer pour John Brown.En dégageant le portrait double du philosophe américain, Michel Onfray espère redessiner les traits d’un écologiste et libertaire qui, en parallèle d’une vie contemplative associée à l’action permettra à termes de créer les conditions d’une vie meilleure et plus harmonieuse pour l’humanité.

 

source : http://literaryamerica.net/authors/henry-david-thoreau/

S’inscrivant dans les traces de Thoreau lui-même, Onfray révèle son propre projet : changer le monde, et lui offrant les conditions d’existence d’une vie plus authentique et pacifiée. L’utopie du philosophe ainsi révélée, a de quoi plaire, de quoi séduire. Suivant les pas de ce grand marcheur que fut Thoreau, lui qui fit de « la marche d’une ascèse radicale qui n’a rien à voir avec la santé », prêt à quitter père et mère, sœur et frère, en bref tout quitter pour vivre une vie libre, en homme libre. L’homme qui marche, c’est Thoreau. Mais par effet de miroir, c’est Michel Onfray aussi. Lui, de commenter :

« Marcher, c’est donc marcher vers son destin, ce qui suppose le dépouillement total afin de se retrouver seul face à soi-même pour se construire avec ce matériau purifié par la marche. »

L’entreprise littéraire de Michel Onfray est donc celle d’un homme qui recherche un modèle pour la vie au quotidien ; celle d’un philosophe qui recherche une philosophie qui invite chacun à mettre en adéquation sa pensée et ses actions, comme le firent Socrate lui-même, les épicuriens ou les stoïciens.

En résumé, un livre à lire comme une biographie philosophique de Henry David Thoreau, mais aussi comme un texte programmatique, et une invitation à des exercices spirituels pour questionner sa vie, et la rendre plus authentique.

 

Michel Onfray, Vivre une vie philosophique, Thoreau le sauvage, Le Passeur, septembre 2017, 110 pages. 

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