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Le système totalitaire. Note sur Hannah Arendt

Est apparu durant le XXème siècle, des gouvernements totalitaires qui ont amené l’État a oscillé entre deux systèmes politiques, ce qui a constitué deux pôles : démocratie et totalitarisme.

système.jpgC’est à Hannah Arendt, que l'on doit la première théorie systématique du gouvernement totalitaire, qui présente en soi un phénomène absolument inédit. Arendt commence par nous mettre en garde de ne pas entendre le totalitarisme comme l’envers de la démocratie, dans son ouvrage Les origines du totalitarisme (The Origins of Totalitarianism), qui est paru pour la première fois en 1951, et qui se compose de trois tomes. Le totalitarisme est irréductible au despotisme (pouvoir qui ignore le droit est qui est fondé sur la crainte et la terreur) ; il n’est pas non plus le négatif de la démocratie, mais en serait plutôt la déviation possible. Le totalitarisme peut alors être défini comme une doctrine ou un système caractérisé par la toute-puissance de la collectivité (État, race ou classe) et qui se subordonne sans réserve les personnes, les activités et les biens des individus qui la composent et exerce sur eux une action sans limite. La spécificité du gouvernement totalitaire ne réside pas dans ses intentions ou des institutions particulières. Si l’on prend la Russie stalinienne ou l’Allemagne hitlérienne, ses deux formes achevées s’opposent diamétralement à cet égard, mais demeure la mécanique implacable de l’idéologie, toujours la même, derrière des différences apparentes.

 

On reconnaît généralement le régime totalitaire au fait qu’il s’arrange toujours pour fusionner les pouvoirs exécutif, législatif, et judiciaire, et qu’il se présente comme une déviation de la démocratie s’étendant jusqu’à l’élection du dictateur lui-même, puisqu’on a pu constater que ça n’était pas moins que le peuple qui avait porté au pouvoir Mussolini, Staline ou encore Hitler au XXe siècle. Mais il cherche aussi à rendre effective une représentation du monde sans aucun rapport avec la complexité du devenir réel des hommes, puisqu’on l’a vu avec les systèmes communiste et nazi, il s’est essentiellement illustré en tant que machine à broyer des individus, soumettant la société toute entière à un vaste processus de destruction morale et physique.

 

Selon Arendt, le principe du régime totalitaire et son idéologie « est très littéralement ce que son nom indique : elle est la logique d’une idée. Son objet est l’histoire, à quoi « l’idées » est appliquée ; le résultat de cette application n’est pas un ensemble d’énoncés, sur quelque chose qui est, mais le déploiement d’un processus perpétuellement changeant. L’idéologie traite l’enchaînement des événements comme s’il obéissait à la même « loi » que l’exposition de son idée ». On assiste alors à un abandon de la liberté de penser « pour la camisole de la logique », qui se traduit, dans l’ordre pratique, par la liquidation de la liberté d’agir (Le Système totalitaire).

 

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Hitler en 1940

 

Parce que l’idéologie totalitaire est la logique d’une idée, le discours totalitaire dit incarner le peuple, et le chef prétend s’inspirer d’une loi infaillible (loi de la Nature ou de l’Histoire), en définissant celle-ci comme une « loi du mouvement », ce qui est jusqu’ici inédit, puisqu’il trouve sa source dans le scientisme et l’historicisme afin de justifier le sacrifice des individus, en faisant de la terreur la nature ou l’essence du gouvernement, créant ainsi l’illusion d’une légitimité du pouvoir est si puissante. Cette légitimité est évidemment mensongère, et les régimes totalitaires ne sont mêmes plus des États au sens d’un État de droit.

 

Arendt ajoute encore qu’on trouve dans un système totalitaire la terreur totale, dont le cercle de fer comprime les masses d’hommes isolés en les maintenant dans un monde devenu un désert ; de l’autre, la force contraignante de la déduction logique préparant chaque individu dans son isolement désolé contre tous les autres.

 

« [...] le totalitarisme diffère par essence des autres formes d'oppression politique que nous connaissons, comme le despotisme, la tyrannie et la dictature. Partout où celui-ci s'est hissé au pouvoir, il a engendré des institutions politiques entièrement nouvelles, il a détruit toutes les traditions sociales, juridiques et politiques du pays. Peu importent la tradition spécifiquement nationale ou la source spirituelle particulière de son idéologie : le régime totalitaire transforme toujours les classes en masses, substitue au système des partis, non pas des dictatures à parti unique, mais un mouvement de masse, déplace le centre du pouvoir de l'armée à la police, et met en œuvre une politique étrangère visant ouvertement à la domination du monde. Les régimes totalitaires actuels sont nés des systèmes à parti unique ; chaque fois que ces derniers sont devenus vraiment totalitaires, ils se sont mis à agir selon un système de valeurs si radicalement différent de tous les autres qu'aucune de nos catégories utilitaires, que ce soient celle de la tradition, de la justice, de la morale, ou de celles du sens commun, ne nous est plus d'aucun secours pour nous accorder à leur ligne d'action, pour la juger ou pour la prédire.»

Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme.

 

 

Hannah Arendt, Benito Mussolini, adolf hitler, joseph staline, régime totalitaire, état de droit,

Hannah Arendt

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