Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

L’autorité du chef selon Pierre de Villiers

En pleine crise de légitimité du président de la République, chahuté depuis plusieurs mois par un mouvement populaire sans précédent, il n’est pas négligeable de lire Qu’est-ce qu’un chef ?, le nouvel ouvrage du général Pierre de Villiers.



villiers.jpgQu’est-ce qu’un chef ?
 Le ton de ce deuxième essai du Général d’Armée Pierre de Villiers est donné par son titre. Présentant ses réflexions sur une société juste, et une légitime autorité, Pierre de Villiers en profite pour repenser les termes de « chef » et d’« autorité », dont on sait, depuis le brillant essai d’Alain Renaut, qu’elle a trouvé un terme dans l’éducation moderne, et le laxisme contemporain. Cette fin de l’autorité n’est pas sans conséquences sur la désintégration progressive de la société française, son affadissement, et la perte de tout contrôle de l’exécutif et de son chef, empêtrés dans des querelles populaires dont ils ne savent se sortir.

 

Afin de redorer le blason du chef, de restaurer l’autorité, trois conditions sont requises pour le chef d’armée Pierre de Villiers. La première : on ne peut pas être un bon chef sans un ferme décision de l’être, en négliger ni les hautes responsabilités ni la cruelle solitude. La seconde : se mettre au service d’une cause ou d’un intérêt commun plus grand que soi (ce qu’il a longuement montré dans son premier ouvrage, Servir), être au service non de soi ou de sa caste, ni de ses intérêts ou de ceux de ses amis mais des autres est la condition sine qua non d’un grand chef. Enfin, la troisième condition est non des moindre : ne pas manquer de charisme, car, sans le charisme comment définir le « grand » chef. On ne décide donc pas d’être chef. Cela vient d’un don de Dieu, et ce don est celui qui définit sa capacité à bien commander, et qui rend meilleur dans le service de commandement.

 

Or, force est de constater que les grands chefs ne sont pas nombreux.

 

«L’équilibre est une des formes de l’exemplarité, ce long et exigeant chemin. Elle requiert de l’abnégation, qui peut amener le dirigeant à sacrifier de son temps, quand cela est nécessaire et au moment opportun […]. On ne peut pas travailler sans servir quelqu’un […]. Servir… Toujours servir. »

 

Ce livre n’est ni une charge contre l’époque, ni un plaidoyer en faveur de l’autorité. Contrairement à ce que l’on pourrait croire d’un chef de l’armée, ce livre n’est ni une apologie du chef, ni une critique sociétale, mais bien un livre de réflexions autour de la notion de chef. Ni philosophe, ni sociologue, ni capitaine d’industrie, Pierre de Villiers ne se présente que sous l’étiquette bien légitime de « praticien de l’autorité ».

 

L’autorité, ce terme aujourd’hui repoussoir, vilipendé par des décennies d’attaques en tout genre. Les gouvernements successifs ont tous essayé de mettre à terre l’autorité, la confondant bien trop souvent avec l’autoritarisme, la supériorité supposée d’un chef tout puissant. Or, dans cet ouvrage, l’auteur, qui met son intelligence et son expérience au service d’une réflexion, d’une méditation rationnelle de la notion même, montre que l’autorité n’est pas spécifiquement militaire, mais qu’elle est la base même de tout lien social, qu’elle est au fondement de nos sociétés humaines.

 

La malmener, ou pis, ne plus la penser, en la vilipendant, c’est prendre le risque de bousculer nos sociétés modernes, et de les jeter bien vite dans le chaos.

 

Mêlant son expérience personnelle aux réflexions justes et souvent profondes que requiert les notions de chef et d’autorité, Pierre de Villiers nous livre un texte abordable par tous, et instructif.

 

Notre époque troublée nous commande de lire ce livre d’urgence.

pierre de villiers,alain renaut, le chef militaire,

Emmanuel Macron et le général de Villiers lors du
défilé du 14 juillet 2017 à Paris.  AFP/CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

 

Pierre de Villiers, Qu’est-ce qu’un chef ?, Fayard, novembre 2018

Les commentaires sont fermés.