Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Socrate : un philosophe courageux

J’aimerais rappeler le refus prompt que Socrate opposa en ce qui concerna la condamnation des généraux qui n'avaient pas recueilli les corps des naufragés à la bataille des Arginases en 406) et en 404, sous la tyrannie des Trente. Sa critique ouverte des exécutions sommaires ordonnées par ces derniers, son refus de participer ne serait-ce qu’à une seule arrestation.

 

 

socrate,platon,criton,alcibiadeCe courage de Socrate s'associe à une grande « maîtrise de soi » et ce, en toutes circonstances ! Jamais ivre, même après avoir beaucoup bu, Socrate ne s'emporte jamais, supporte avec flegme injures ou critiques, à la grande admiration d'Alcibiade par exemple.

 

Ses disciples louent cette attitude et ce caractère. Sa méthode d'enseignement, qui est la philosophie et la pratique de celle-ci, n'est pas de tout repos.

 

L’ironie de Socrate

Socrate dérange les puissants, instruit les ignorants, dialectise avec tout honnête homme. Les esprits conservateurs verront d’ailleurs d’un très mauvais œil l'incarnation de l'esprit nouveau qu’ils iront jusqu’à accuser d’athéisme, de corruption de la jeunesse et des vieilles valeurs morales, soulignant combien Socrate constitue un réel danger pour l'ordre social. En 399, Socrate est accusé par Anytos et deux autres hommes d’être : « coupable du crime de ne pas reconnaître les dieux reconnus par l'Etat et d'introduire des divinités nouvelles (…) de corrompre la jeunesse ». A la suite de procès, Socrate, dont on connait l’ironie corrosive, propose pour sa conduite passée... d'être nourri au prytanée (honneur suprême !) pour le restant de ses jours, ce qui est pris comme une provocation. Il sera donc condamné à mort.

 

Socrate dit alors un dernier adieu à ses juges en les laissant sur cette formule ouverte : « Il est temps pour nous de nous quitter, moi vous mourir et vous pour vivre, et seul le dieu sait quel est le pire des châtiment ».

 

Enfermé en prison, Socrate n'est pas exécuté immédiatement. Il faut encore que le vaisseau qui part à Délos chaque année porter des offrandes à Apollon soit de retour pour qu’une exécution capitale puisse avoir lieu.

 

Etre citoyen, c’est accepter les lois de la cité

Pendant les trente jours de son emprisonnement Socrate s'entretient avec ses disciples qui lui proposent en vain un plan d'évasion.

 

Le jour où il boit la ciguë, il consacre ses derniers moments à dialoguer avec ses amis sur l'immortalité de l'âme : ces propos nous sont rapportés dans le dialogue du Phédon de Platon.

 

Face à son vieil ami Criton qui le presse de s'évader, Socrate oppose un refus catégorique. Criton, en voulant le convaincre de fuir, se fait l'écho de l'opinion du plus grand nombre : « Pourquoi mourir quand il est si facile de s'échapper ? » Mais Socrate choisit de mourir, parce qu'il est convaincu qu'il est injuste de s'échapper. En faisant intervenir les Lois de la cité dans la prosopopée, c’est une véritable profession de foi de civisme qu’il accomplit. Une profession de foi qui nous parle à nous, lecteurs d'aujourd'hui ! Comment rester insensibles aux affirmations de Socrate, à sa conception loyaliste de l'Etat, qui ne peut effectivement exister sans cette reconnaissance implicite du bien-fondé de ses institutions.

 

Athènes a abrité et protégé Socrate. Il en a accepté les droits et les devoirs. Sa sentence est peut-être injuste. Mais ce n’est pas à Socrate de le dire. Car Socrate est citoyen d’Athènes. Il le restera jusque dans sa condamnation. Pas de traîtrise. Pas de désolidarisation du groupe dont il est membre à part entière. Platon fera de sa mort un événement qui ne cesse de nous faire réfléchir. Surtout en ces jours sombres d’insurrection populaire.

Commentaires

  • Respect des usages et coutumes. Le sacrifice d'un coq à Asclépios cité dans le Criton atteste du pouvoir des rites et usages... Pas d'évasion envisagée car la décision de justice est nécessairement souveraine... Quant à pervertir la jeunesse au fond l'accusation était fondée ! Dans ce contexte laissons le navire tranquillement quitter le port...

Écrire un commentaire

Optionnel