Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Despentes de haine, une littérature féministe et radicale au service de l’idéologie

On ne dira jamais assez combien ce siècle est stupide. On n'en dira jamais assez de mal ! Afin de décrypter les tares et outrances de ce siècle, voici donc, une analyse assez longue du « phénomène » de librairie Cher connard (j’ai peine à utiliser ce terme, mais 65 000 exemplaires déjà écoulés, fin septembre, ça laisse pantois !), afin de décrypter une nouvelle génération de femmes de lettres (j’évite ce terme aussi moche que ridicule d’« écrivaines ») dont les romans sont moins une ode à la littérature, qu’un prétexte à un train de revendications identitaires surannées, et haineuses. Despentes, qui nous fait le film depuis ses débuts, en 1994, en guerre permanente, contre l’homme blanc, contre le bourgeois, contre le patriarcat, et que l’on a tort de comparer à Houellebecq, elle n’en a ni l’envergure ni le talent, encore moins le génie, est une sorte de marxiste perdue au milieu de la libération sexuelle, croyant, comme certains vieux soldats qui n’ont pas été informés que la guerre était finie, que la guerre des sexes est encore d’actualité. Cette tribune a paru dans le site du mensuel Entreprendre, puis dans le numéro 28 de Question de philo du mois de décembre 2022. La voici désormais en accès libre dans l'Ouvroir.

 

La stupidité du XXIème siècle
(2ème partie)

 

Capture d’écran 2022-09-30 à 07.34.24.pngCertaines mauvaises langues dans mon entourage disent de la littérature française qu’elle est moribonde. Mais voilà que ce matin, en allumant mon ordinateur, je constate que le site de France info, pour ne pas le nommer, pense tout le contraire. Un papier dithyrambique sur une rentrée littéraire ultra-féminine. Si j’étais à mon tour mauvaise langue, je dirais que la guerre souterraine de la propagande continue, mais par le biais, cette fois, de la rentrée littéraire. Et cette année, selon les journalistes du service public, et payés par nos impôts, la littérature se conjugue essentiellement au féminin. Plus d’écrivains, mais des écrivaines, selon le nouveau mot consacré et le principe sacré de l’écriture inclusive, de jeunes romancières toutes « remarquées par les éditeurs et les prix littéraires », je cite. Pour ce qui est du battage, et du blabla, on apprend que l’une raconte la vie d’une équipière à McDo, l’autre ses origines d’adoptées clandestines, la troisième les violences policières. On retrouve là, l’époque de Sartre, où la littérature était réduite à n’être plus que la servante de l’idéologie. Cela fait généralement de la littérature de mauvaise qualité, une littérature amputée, nivelée, mais passons. Or, précisément, que ce soit En salle de Claire Baglin (Minuit, 2022), où l’on raconte la vie d’une jeune équipière à McDo, Le colonel ne dort pas d'Emilienne Malfatto (Sous-Sol, 2022) où l’on y raconte les horreurs de la guerre, mais sans le génie de Céline ni de Giono, on voit comment de nos jours, le roman passe de la littérature prolétarienne à la littérature-reportage. Aussi, on aurait bien tort de croire que ce cru 2022 n’est pas féministe, et militant. Au milieu des 490 titres de cette rentrée, on compte un grand nombre de plumes féminines, on dirait même que l’accent a été mis dans cette rentrée sur des noms à la fois connus, et moins connus, et parmi lesquels on compte désormais, Diaty Diallo, Claire Baglin, Emilienne Malfatto, Maria Larrea, ou Muriel Barbery Marie Nimier, Virginie Despentes et Catherine Millet. Les femmes de lettres sont désormais à la mode, et très certainement les éditeurs comptent bien sur cette mise en avant inédite, et un peu poussive toutefois, pour assurer le tournant d’une époque assez peu favorable aux succès de librairie. Il est désormais difficile de vendre des livres, et avec une telle rentrée, on comprend les quelques réticences de certains lecteurs, dont je suis.

 

Une fois ces préliminaires établis, et un peu longs, j’en conviens, j’en viens au phénomène de la rentrée, Virginie Despentes, avec Cher Connard (Grasset, 2022), ce roman totalement nul, poussif, vulgaire, mal écrit, mal imaginé, mais qui s’invite dans tous les médias, en flibustier ou en forban, s’affichant dans les couloirs du métro, sous forme de grands encarts publicitaires, s’étalant grossièrement dans toutes les librairies, alors qu’on espérait bien ne jamais revoir Virginie Despentes après sa trilogie, que tout le monde a lue, au moins par snobisme.

 

Pour la petite anecdote, une amie de longue date, dublinoise, et par ailleurs romancière, éditrice, et traductrice, rentre à Paris où elle a un pied-à-terre, et entre au hasard dans une librairie, tombant sur deux rayonnages remplis du dernier « chef d’œuvre » de Virginie Despentes. Choquée par un tel étalage, elle demande au vendeur, non sans ironie, s’il a le dernier opus de Virginie Despentes. Celui-ci interloqué, lui montre la table pleine à ras-bord et lui demande ce qu’elle veut de plus, ne comprenant évidemment pas la touche d’humour, et le second degré dont usait cette amie, – un art, certes, qui date d’un autre siècle. Bref, cette anecdote, qu’elle m’a rapportée récemment, et qui en dit long sur le niveau des libraires de nos jours, en dit aussi très long sur l’état de la littérature en France.

 

Et, c’est donc avec peine, que j’ai ouvert le nouveau roman de Virginie Despentes, intitulé Cher Connard, on notera la délicatesse du titre, la hardiesse du message, sa générosité, son bon goût, son amour des mots, sa prédilection pour la nuance, sa passion pour la précision teintée de haine et de mépris, son aversion pour les hommes, puisque ce connard, c’est moi, c’est vous, chers lecteurs qui me lisez, mais, vous me direz, venant d’une romancière qui avait déjà intitulé son premier roman Baise-moi (Florent Massot, 1994), on ne s’étonnera pas outre mesure. Donc, voilà Virginie Despentes de retour, cette vieille féministe de cinquante balais, née en 1969, qui disait aux mecs « baise-moi », tout en écrivant King-Kong Théorie (2007).

 

Mais, outre la figure importante du féminisme, dont la trilogie Vernon Subutex (Grasset, 2015 à 2017) a été aimée de tout le monde, (sauf des réacs dont je fais partie, désolé !), voilà un retour en fanfares, avec un nouvel assommoir, déjà monté au pinacle, par une presse politiquement correcte, qui n’a sûrement pas lu son livre, soit dit en passant, mais qui en fait déjà des tonnes. Peu importe le style, puisque Virginie Despentes n’en a pas, peu importe l’intérêt du texte, puisqu’ici cette conversation improbable, impossible même dans le contexte actuel, où tous les tenants de l’extrême gauche, les militants LGBT, militantes néoféministes refusent tout débat avec leurs adversaires, qu’ils considèrent d’ailleurs comme des ennemis, s’étiole entre un écrivain quarantenaire accusé de harcèlement sexuel et une actrice cinquantenaire, un peu sur le retour, et quelque peu désuète. Mais voilà, la presse décide de ce qui doit marcher, et donc de ce dont on doit parler. Évidemment salué par toute la critique française, alors que 490 romans font la rentrée littéraire, l'écrivain est déjà en tête des ventes, et même devant Amélie Nothomb, c’est dire, puisqu’elle a déjà écoulé 65.000 exemplaires selon les chiffres avancés par son éditeur fin août. Elle a été toutefois retirée de la liste des romans sélectionnés au Goncourt, puisqu’elle fait partie du jury. En voilà une affaire !

 

virginie despentes,écriture inclusive,claire baglin,emilienne malfatto,louis-ferdinand céline,jean giono,diaty diallo,maria larrea,muriel barbery,marie nimier,catherine millet,amélie nothomb,néoféministes,maïa mazaurette*

À 50 ans, Virginie Despentes était la benjamine du jury de l
’académie Goncourt Jean-François Paga/GRASSET

 

Alors, que dire, d’un roman qui début ainsi :

 

« Cher connard, J’ai lu ce que tu as publié sur ton compte Insta. Tu es comme un pigeon qui m’aurait chié sur l’épaule en passant. C’est salissant, et très désagréable. Ouin ouin ouin je suis une petite baltringue qui n’intéresse personne et je couine comme un chihuahua parce que je rêve qu’on me remarque. Gloire aux réseaux sociaux : tu l’as eu, ton quart d’heure de gloire. La preuve, je t’écris. Je suis sûre que tu as des enfants. Un mec comme toi ça se reproduit, imagine que la lignée s’arrête. Les gens, j’ai remarqué, plus vous êtes cons et sinistrement inutiles plus vous vous sentez obligés de continuer la lignée. Donc j’espère que tes enfants crèveront écrasés sous un camion et que tu les regarderas agoniser sans rien pouvoir faire et que leurs yeux gicleront de leurs orbites et que leurs cris de douleur te hanteront chaque soir. Ça, c’est tout le bien que je te souhaite. Et laisse Biggie tranquille, bouffon. »

 

Voici donc un baiser à l’envers, d’une violence inouïe, sorte de baiser de la mort, poussive et grossière, verbeuse et merdeuse, qui montre, que chez Virginie Despentes, le rêve n’est plus une seconde vie, que le rêve a laissé place à la haine. Exit le style truculent, le second degré, l’ironie, le souffle chaud de la langue française. Tout est écrit dans le bruit d’un verre brisé, une nuit d’ivresse, alors qu’on ne sait plus du tout où l’on est. Si donc, le pauvre Oscar a écopé d’une petite leçon verbale de la vieille Rebecca sur le retour, la verve en moins, et la grossièreté en plus, c’est parce qu’il aurait écrit sur son profil Instagram (non, parce qu’il ne faut vraiment pas chauffer Rebecca !) : « Cette femme sublime qui initia tant d’adolescents à ce que fut la fascination de la séduction féminine à son apogée, devenue aujourd’hui ce crapaud. Pas seulement vieille. Mais épaisse, négligée, la peau dégueulasse, et son personnage de femme sale, bruyante. La débandade. On m’a appris qu’elle s’était convertie en égérie pour jeunes féministes. L’internationale des pouilleuses a encore frappé. » Alors, évidemment, si on n’a jamais appris à Oscar, que l’on ne devait jamais parler comme cela à une femme, je suis bien désolé, Virginie, enfin Rebecca, mais quand on fréquente des losers, mal élevés, on se questionne...

 

S’en suit alors une longue conversation, c’est dire le pitch, et que l’on a osé rapprocher des Liaisons dangereuses, si l’on en croit le Nouvel Obs[1], et son éditeur aussi, mais bon peu importe, on n’en est plus à ça près de nos jours ! et dans lesquels, les deux personnages, Oscar et Rebecca, se repassent le film des féminicides, de l’addiction, d’une génération de femmes #Metoo, de la génération queer, trans, des racisés, du cinéma qui est le repaire des riches blancs, bref l’absolue nébuleuse de notre époque, alors que les vieux fêtards, devenus poussifs et fatigués, se retirent peu à peu de la scène, comme si l’enfer était divisé contre lui-même. Dans l’ascétisme révolutionnaire, il s’agit pour Despentes, d’achever, avec ce roman, le vieux monde blanc, bourgeois et étriqué qu’elle déteste, qu’elle vomit de toutes ses tripes, et dont elle a consacré une œuvre entière à débiner et combattre avec une méticulosité sans failles.

 

Bref, les éternels débats sociétaux, et qui n’en finissent plus, les jérémiades, les revendications, l’agressivité des femmes envers les hommes, les punchlines, les autoflagellations, bref tout ce qui fait la stupidité de ce nouveau siècle, qui se regarde le nombril, qui est pollué par des egos hypertrophiés, des individus-rois qui ont donné naissance à des enfants-empereurs, des minorités invisibles qui recherchent par-dessus tout la visibilité, le désir mimétique qui contamine tous les rapports humains.

 

Oscar était jadis un écrivain à succès, mais qui a dragué un peu trop lourdement son attachée de presse (la pauvre !), qui l’a en retour balancé sur son blog féministe (vive le simplisme de notre époque !) Évidemment, vous voyez le topos, Oscar est en colère contre Zoé, Zoé déteste Oscar et le balance sur le réseau, lui offrant une belle purge sociale par ailleurs, et bim dans les dents, tout le monde est dégoûté. Lui, Oscar, ne comprend vraiment pas pourquoi une telle cabale, elle, Rebecca, en bonne mère de famille, en bonne matriarche, va le lui expliquer, et le lui réexpliquer au petit Oscar, elle va lui faire comprendre qu’il a fait mal, que l’on ne drague pas lourdement son attachée de presse, qu’il est habité d’une masculinité toxique, viriliste, habité par le diable, et encore trop frappé de patriarcat, ben oui ben oui, le patriarcat, quoi ! La cinquantenaire, jadis rebelle, contre les institutions, droguée est devenue une parfaite pédagogue, Rebecca se pose en sauveuse d’hommes. Elle les sauve des dogmes machistes du siècle précédent. Vous pigez ? Alors, évidemment, au fur et à mesure que l’on tourne les pages de ce mauvais roman, sans imagination, sans relief, sans manière, sans aucune patte, on surprend tout le prosélytisme à peine caché dans autant de propos vains, mal écrits, ennuyeux, lourds et si peu subtils. Ne ressort de cela, que la fatuité, la suffisance, la vanité d’une époque, qui croit avoir inventé l’eau chaude. Il faudra évidemment expliquer à Madame Despentes, qu’on ne l’a pas attendue pour avoir un peu de savoir-vivre avec les femmes, que la drague lourde a toujours été le propre de quelques grossières personnes, qu’elles soient des hommes hétérosexuels, ou des lesbiennes, qu’il n’y a rien de viriliste, ou de masculiniste dans la séduction, si celle-ci est respectueuse et élégante.

 

virginie despentes,écriture inclusive,claire baglin,emilienne malfatto,louis-ferdinand céline,jean giono,diaty diallo,maria larrea,muriel barbery,marie nimier,catherine millet,amélie nothomb,néoféministes,maïa mazaurette

Virginie Despentes, le 26 août, à Paris. (CHA GONZALEZ POUR L’OBS)

 

Mais reconnaissons au moins un mérite à Despentes, c’est d’être obsessionnelle. Depuis le début de sa carrière, et ses deux premiers romans Baise-moi (1994) et Les Chiennes savantes (1996), elle mène un combat contre les hommes, et particulièrement les hommes blancs, qu’elle voue aux gémonies. Elle déclarait déjà, à Libé, en juin 2000 : « Ça me faisait plaisir de tuer tout le monde là-dedans. Les boites à partouze c’est bourgeois, triste, c’est la mort. L’idée me plait bien, d’aller quelque part pour baiser avec tout le monde. Mais là, ce sont les hommes qui décident. Ce n’est pas un endroit de sexe et de délire. » Et je me souviens d’avoir commenté ces lignes ainsi, dans un article qui traitait de cette nouvelle génération de femmes de lettres, un peu survoltées : « Ainsi donc, la liberté sexuelle, la libération des mœurs appellent à la fois le désir, mais également la violence et la haine. Dans cette nouvelle lecture du plaisir de la chair, des relations sexuelles entre hommes et femmes, la guerre des sexes trouve alors son apogée. Despentes, qui ne renie pas ses positions féministes, nous livre son « constat d’urgence » en instituant l’homme comme le bourreau et la femme comme la victime, et corrobore à la déclaration de guerre à laquelle se livre dans le même entretien Catherine Breillat qui appelle à « se libérer du membre érigé ». »[2]

 

Ce roman donc, épistolaire, enfin disons plutôt, cet échange de mails, qui n’en finit pas, verra toutefois, les deux protagonistes se réconcilier, car l’un aura accepté son homosexualité, puisque de nos jours l’hétérosexualité est devenue suspecte[3], de mauvais goût, dangereuse pour les femmes peut-être même !, n’est-ce pas Maïa Mazaurette, la chroniqueuse de « La Matinale », qui nous a invité, nous les hétérosexuels de tous pays, à sortir du cadre rigide de la culture hétérosexuelle, afin, je cite, d’élargir notre répertoire pour une sexualité plus épanouie (mais de quoi je me mêle ?), et Rebecca, de son côté, deviendra lesbienne. Eh oui, il faut bien tuer symboliquement Papa-Maman, alors pourquoi ne pas se tourner vers une autre sexualité, celle qui choquera le méchant bourgeois blanc, patriarcal, itou ? C’est ainsi, que ce roman de gare, devient à la fin, hideux et gerbant, tant il transpire la haine pour ce que n’est pas l’auteur de cette historiette juvénile, puisqu’on sait que Despentes est lesbienne. C’est l’entre-soi élevé au rang de l’inclusivité, inclusivité certes, mais de quoi ? puisque tout ce qui n’est pas soi, est cloué au pilori sans concession !

 

Si ce roman est raté, s’il est poussif, c’est parce qu’il ne véhicule rien d’autre sinon des poncifs rebelles, éculés sur les rapports hommes-femmes, qu’il appartient à une génération de femmes et d’hommes qui ne pensent plus, ou dont la pensée molle pousse à réciter des mantras qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes. Ce roman aurait été d’une tout autre nature, si cette correspondance avait été écrite sur un mode ironique, si Despentes avait su rire d’elle-même et de ses obsessions meurtrières, si elle n’avait pas adopté ce ton poussif, ce ton grand seigneur, traversé de cette haine de l’homme blanc, et d’une dialectique marxiste délavé, pleine d’idées-reçues, jamais subtile, jamais nuancée, entièrement fondée sur la lutte des classes entre le vieux patriarcat bourgeois blanc et le prolétariat féminin. Mais c’est aussi un roman intéressant à au moins un titre, celui d’être symptomatique d’une époque, radicale, violente, déchirée, vengeresse, bardée de haines, de rancunes, de colères, de désirs de revanche, d’hostilité et de dégoût, une époque sans nom, de guerre des sexes, d’entre-soi, de propos nauséeux, du verbe sans verve, d’idées irréfléchies, de pensées toutes faites, d’œillères, de parti pris, de partialité, et que dire d’autre, sinon que l’heure est à la guerre de tous contre tous ? Que ce livre, dont le titre est à la fois excessif et sans distance, est la preuve même, que les minorités veulent prendre leur revanche. On ne dira jamais assez combien il est bon de se méfier des idéologies, des militantismes échevelés, de l’hystérisation des débats. Et Virginie Despentes nous en donne encore la preuve, dans cet extrait d’un mail de Rebecca :

 

« Le militantisme sur Internet c'est le fanatisme à l'état pur : une fois que les gens sont convaincus d'être du bon côté de la morale, ils jugent décent d'égorger l'adversaire. »

 

Est-ce que ce militantisme fanatique à l’état pur est essentiellement sur Internet ? Ou ne serait-il pas aussi en littérature ? Et dans la vraie vie, alors ?...

 

Dont acte !

 

virginie despentes,écriture inclusive,claire baglin,emilienne malfatto,louis-ferdinand céline,jean giono,diaty diallo,maria larrea,muriel barbery,marie nimier,catherine millet,amélie nothomb,néoféministes,maïa mazauretteCette tribune est parue dans le n°28, Question de Philo, Décembre 2022.

 

 

 

 

 

 

En couverture : photo: Jean-Francois Paga Grasset Virginie Despentes 

__________________________________________________

[1] Nouvel Obs, « Avec « Cher Connard », Virginie Despentes écrit « les Liaisons dangereuses » post-MeToo », 16 août 2022.

[2] Nouvelle génération, nouvelle pornographie ? (Despentes, Millet, Angot, Legendre, Breillat, Anderson & Co.) in Les Carnets de la philosophie, Hors-série H9, Août 2009.

[3] Je rappelle que le journal Le Monde a titré : « Comment peut-on encore être hétérosexuel ? », le 5 juin 2022.

Commentaires

  • Un « style » à son image

  • Ce que j'apprécie dans vos chroniques, c'est la justesse de perception de notre temps et ses dérives. Continuez à nous régaler.

  • C’est tout sauf de la littérature
    Il faut faire de ses «œuvres » le seul usage sanitaire qu’elles méritent ….
    Aucun intérêt
    Le degré zéro
    A oublier

  • Le livre de @Virginie Despentes contient davantage de nuances que ce que je lis dans ce post. C'est une caricature simpliste de son univers.

    Nb : je ne suis ni marxiste, ni en guerre contre qui que ce soit, et je ne crois pas être une menace pour l'homme blanc de plus de 50 ans.

    Enfin, Michel Houellebecq, que je considére comme un des grands auteurs contemporains, pourrait-il être comparé à Virginie Despentes sans souffrir de la comparaison ? Bien évidemment, c'est de l'humour .

  • Ce qui est scandaleux, ce n‘est pas Despentes en elle-même, mais le « phénomène de librairie ». À notre époque on décide de ce qui fera rentrer de l’argent dans les caisses des éditeurs et des libraires. L’écrivain ou l’écrivaine qui est rentré dans cette catégorie peut écrire n’importe quoi, on fera tout pour que ses ouvrages se vendent. C’est pourquoi j’ai tendance à ne même plus regarder dans une librairie les ouvrages qui se vendent au kilo, je veux dire qui s’amoncellent à l’entrée. Je connais tant de femmes qui écrivent divinement bien mais ne seront jamais connues au-delà d’un cercle restreint de lecteurs qu’elles rencontrent dans des salons de province. Le talent seul ne suffit pas à asseoir une renommée, hélas.

  • Étrange critique où vous distribuez les bons points et les disgrâces. J'avais lu d'elle il y a longtemps Les jolies choses et j'en garde un bon souvenir. Peut-être vous sentez-vous visés par le titre de son dernier bouquin ? On n'est jamais obligé de parler des livres, des auteurs ou des autrices que nous n'apprécions pas, même si on peut parfois se priver d'un petit buzz. Mais parler de ce qu'on aime me semble plus intéressant, même si cela se partage plus modestement

  • Despentes, ce n'est qu'une mauvaise pente de l'époque qui consiste à faire de la prétendue littérature avec des slogans politiques. On a déjà connu cela à d'autres époques

  • Le titre me gêne, c'est raccoleur et cible une certaine catégorie. Je ne l'ai pas lu, alors...je ne peux pas dire ce que j'en pense, mais comme je n'aime pas beaucoup ce genre de titre, je n'ai pas très envie de le lire... Dommage peut-être.

  • Souriez, c'est juste Marc Alpozzo qui s'attaque à la notoriété qu'il n'aura jamais, il pressent que le titre du livre pourrait s'adresser à lui, il y gagne une vingtaine de commentaires à son niveau

  • Despentes glissantes…

  • @Jeanne Moragne Si en effet il faut juger de la valeur d’un être ou d’un argument à sa « célébrité »… C’est bien dans l’époque en tout cas !

  • Une solution simple à ce qui n'est pas un problème, elle n'entrera pas dans ma bibliothèque.

  • Un éclair de lucidité dans ce monde de fous. Une littérature à foutre à la poubelle qui sera certainement oubliée un jour. Merci à Marc Alpozzo.

  • Certains on si peu de génie, qu'ils sont obligés de dénigrer les autres pour exister , que voulez vous, n'est pas Despentes qui veut!

  • Vous dites dans votre article, intéressant par ailleurs, qu'"On retrouve là, l’époque de Sartre, où la littérature était réduite à n’être plus que la servante de l’idéologie.", si cela était le cas, peut-être, pour quelques écrivains, mais je ne vois pas lesquels, dans une époque qui irait des années 50 aux années 80, ce ne fut jamais le cas de Sartre, cela n'est pas son cas ni dans son livre " Qu'est-ce que la littérature ?", ni dans son théâtre, ni dans ses ouvrages littéraires, ni à fortiori dans ses essais de psychanalyse existentielle ( Genêt, Flaubert, Beaudelaire, Mallarmé...), ni dans ses écrits dans ses différentes Situations qui portent sur différents écrivains. C'est là une vue sommaire de ce dont les écrivains " à l'époque de Sartre" ont été capables, à qui pensiez-vous ? A Marguerite Duras, à Maurice Blanchot, à René- Louis des Forêts, à Georges Bataille ? Au poètes ? Lesquels ? Ne confondez-vous pas leur prise de position en tant qu'intellectuel ( dont la figure s'est aujourd'hui estompée) et leur travail d'écrivain ou d'essayiste ?
    D'ailleurs la critique que vous faîtes de ces "écrivaines" néo-féministes, violentes dans leurs écrits est-elle une critique idéologique ( la vôtre contre la leur ) ou littéraire ?

  • Je n'ai pas encore lu, et pour le moment trop de livres à lire en retard.
    J'ai un peu de mal à lire et/ou comprendre certaines femmes de nos jours.
    J'ai toujours trouvé qu'être une femme a été un plus dans ma vie, professionnellement et personnellement

  • C'est beau le mâle qui se sent acculé. On arrive a lire des choses que les faits contredisent. La guerre des sexes n'a jamais eu lieu, en cela vous avez raison elle était finie avant de commencer.

    Combien de femme meurt sous les coups par ans? Combien vive dans la peur? Quel est l'écart salarial entre les genres? La représentation dans les comités d'entreprise? La femme n'est plus un objet de désir dans les pubs de yaourt? ... on peut continuer des jours...

    Stuart Mill devait aussi vivre dans un siècle stupide. Essayé de dépasser le votre en tant que mâle blanc, intellectuel à barbe. Le c'était mieux avant est bien expliqué par Edgar Morin.

    Si elle vent autant c'est peu être qu'elle parle de son temps? Je vous souhaite le même écho.

  • « Tiré à 250 000 exemplaires, le nouveau livre de Virginie Despentes s'arrache en librairies. L'autrice féministe devance même Amélie Nothomb, pourtant habituée de la première place. »
    Réfléchissons un court instant à ce titre (je ne connais pas le contenu du livre) et avouons qu’il a tout pour interpeler. Si toutes les femmes qui ont connu au moins un connard dans leur vie et tous les hommes qui ont été au moins une fois un connard dans la leur l’achètent, son livre deviendra l’ouvrage le plus vendu au monde.

  • Heureusement que ces femmes ne représentent pas grand chose.

  • Une époque capable de donner un prix Nobel à une tarée congénitale comme S Rousseau.

  • moche, en plus....

  • Quelle bio pour en arriver là ? Cette femme a dû souffrir pour porter tant de messages haineux

  • @Marc Alpozzo Cette littérature est dans l'air du temps. Un sombre temps, traversé par la chasse à l'homme et la vengeance

  • Le problème est de savoir au bout de combien de temps le soldat (la soldate sinon je vais me faire lyncher) Despentes sortira du bois, pour se rendre à l’évidence : Elle aura gâché sa vie en haine et ressentiments gratuits.

  • C'est son fonds de commerce comme couffin ruisseau Autaine.

  • Le snobisme ne donne pas le goût mais il supplée au manque d'opinion. Désintégrer les valeurs courtoises et élégantes léguées par nos aïeux mais jugées bourgeoises, est dans l'air temps. Ceux qui vantent, inventent plutôt le talent de Despentes ne pensent qu'à promouvoir une certaine intelligentsia devenue ultra féministe et gaucho-populiste par intérêt. Triste et navrante littérature.

  • Beaucoup de plaisir à lire vos commentaires sur l ouvrage de Virginie Despentes dont le titre déjà ne pouvait pas m inspirer grossier toujours pour faire le buzz prête a toute folie pour se différencier de la masse du peuple qui travaille souffre mais qui par sa simplicité de vie de pensée de spiritualité sait faire preuve de sentiment de rêve et d amour sans se masturber le cerveau la relation homme femme étant si complémentaire et permettant d aller vers l absolu dans une vie partagée et rêvée…
    Un grand merci à votre analyse de ce bouquin qui ne conduit pas au bonheur mais que vous avez heureusement en vous avec une idéalisme peut être caché…

  • Vive la beauté, l'art, la joie d'apprendre, les bonheurs de l'échange, qui nous élèvent, nous transcendent et font de nous petits humains, des êtres plus grands, meilleurs. Grimpons "sur les épaules des géants pour voir plus loin, voir mieux "...Un secret pour savoir qui nous inspire, qui nous fait du bien?.. Si après une rencontre, un film, une lecture vous avez des ailes dans le dos et une envie optimisée de vivre, vous êtes sur la bonne voie,.....

  • Le sujet est d’actualité je trouve les personnes échangent beaucoup désormais par le biais des réseaux sociaux et parfois les » mots et ou les maux « sont durs, je ne suis pas séduite pour ma part par son style mais c’est à chacun d’apprécier je trouve.

  • De l’Oulipo à l’Orepo? Votre charge est trop longue sur la forme et se décrédibilise d’entrée par son titre.

    Au passage, « une petite anecdote » est redondant, l’anecdote étant par définition un récit court.

    Un petit balayage des commentaires laisse à penser que ce que vous avancez a été inégalement apprécié.

    J’ai pour ma part pensé à « ANNIE ERNAUX OU L’APOTHÉOSE DE LA PROF DE LETTRES », publié dans L’incorrect par Henri Quantin, soit dans les deux cas par un homme senior, blanc, bourgeois, vraisemblablement hétérosexuel et inconnu contre une femme féministe.

    Hasard? Je ne crois pas.

  • Depuis ses tout débuts avec "Baise-moi", je dis haut et fort que Virginie Despentes nous dispense une "littérature" vomitive. A la lire, on a "les dents du fond de l'âme qui baignent", pour reprendre une image choc. Ce qui se comprend, puisqu'elle régurgite son mal-être à longueur de bouquin. Elle n'est pas la seule à avoir eu une jeunesse difficile (drogue, alcool et même viol, je crois) mais elle a réussi à en faire son fonds de commerce, grâce à des éditeurs aussi malsains qu'elle. Je remercie Marc Alpozzo de souligner la stupidité du XXIème siècle.

  • Virginie sur la plus mauvaise Despentes… remarquable chronique comme toujours merci Marc.

  • Vous démontrez magistralement que les combats féministes sont encore d'actualité. Et que vous, pour le coup, vous ne l'êtes plus.
    (Ouvroir de rabattage de caquet potentiel)

  • Bien d'accord avec vous. C'est comme le scandaleux prix Nobel de Littérature d'Annie Ernaux, le nihilisme de la littérature, des hommes, de la civilisation.
    Et une forte propension à épousé les thèses des islamistes et féministes extrémistes...
    Marie Curie, plus bel exemple de Nobel féminin mérité (double prix Nobel en plus, chimie et physique, ce qui est extrêmement rare, y compris chez les hommes) doit se retourner dans sa tombe !

  • Cher Marc Alpozzo, ô combien je plussoie à cette vibrante analyse des "productions écrites" de Virginie Despentes qui n'ont pour moi, rien de littéraire (du latin litterae : belles-lettres)... Cette sulfureuse autrice, icône du néo-féminisme qui beugle sur tous les plateaux pour assurer sa renommée, est adulée par les médias donc estimée dans le milieu des libraires. Plus c'est glauque, plus on on plonge dans ce populisme idéologique d'extrême gauche qui revendique le monopole de la culture de caniveau. Lamentable décadence…

  • Combien de succès de librairie ont disparu dans les poubelles de l'histoire sans mentionner les prix Goncourt !

  • Houellebecq à droite et Despentes à gauche sont les deux faces littéraires de la haine des sexes. Pauvre France qui a longtemps été le pays de la courtoisie. A mesure aussi à ce genre de phénomène la décadence d'une civilisation.

  • Votre première phrase résume assez bien les suivantes. Vous êtes pleinement ancré dans ce siècle.

  • Je ne suis pas étonné de vous retrouver ici, Thomas. Quelle outrecuidance avec son avatar d’Oulipo!

    Vous êtes-vous infligé l’intégralité de la lecture? Pour être franc, juste en diagonale, mais j’ai quand même relevé que, lui qui reproche à plusieurs reprises à Despentes sa « violence », ne parle guère de celles infligés aux femmes - le féminicide même pas en rêve! - et concède une « drague lourde » tempérée par « le savoir-vivre réservé aux femmes ».

    Mais ils vivent sur quelle planète ces mecs? Mars? « Qu’ils s’enc..ent » au moins (autre texte de Despentes

  • Excellente chronique

  • Que les connards l’ait acheté est logique; d’habitude, ils sont maltraités alors qu’ils sont au moins 65000.

  • C’est l’histoire de deux transfuges de classe qui se retrouvent par la peur du déclassement. Lui par un scandale Metoo elle parce qu’elle vieillit. C’est tres petit bourgeois. Mais il y a quelque chose de touchant dans sa démarche. Le roman épistolaire c’est le graal. En s’y collant elle pensait être reconnue enfin. Accéder à la respectabilité. Caramba. Encore raté. Qu’elle se console. Elle a toutes ses chances pour le Nobel.

  • Voilà une auteur qui doit plaire à mon ex belle-mère marxiste féministe castratrice et fière de l'être qui a engendré 2 fils aussi pervers violents violeurs incestueurs l un que l autre...
    haïssez les hommes et castrer vos fils...pas de meilleure fabrique d armes de destruction massive de vos belle-filles et de vos petites-filles

  • Puisque cette écri-vaine a des lecteurs pourquoi se priverait-elle de pondre régulièrement les mêmes œufs ? Notre société produit et continuera de produire de ces pseudos hommes et femmes de lettres, pseudos philosophes ou autres tant qu'il y aura du public assez ignare et a- cultivé pour les plebisciter, voilà tout, hélas.

  • J'ai lu votre article et j'applaudis des deux mains. J'ai découvert avec stupeur Baise-moi il y a quelques semaines, deux nasillardes en goguette extermine la sous-race des petits français blancs ; architecte, flic ou vendeuse de magasin, tous des connards, des esprits étroits, forcément racistes dont l'extermination est un bienfait pour l'humanité. Sans même besoin d'une concertation comme celle de Wansee en 1942, il est décidé que l'assassinat des enfants aussi, " il faut le faire", à condition que ce ne soit pas un enfant arabe, car "Les reubeus, on les tue pas ". L'enfant blanc, forcément geignard et capricieux doit mourir, pas l'enfant arabe "beau comme un prince " et chez qui l'on se sent "rassuré" puisque la famille vit de vols et de rapines. L'inversion des valeurs suffit-elle à justifier ce désir d'extermination? Je suis effarée qu'un tel livre, sorte de "Mon combat" d'une nouvelle idéologie de violence, ait pu être encensé. Ou plutôt, je suis effarée que nos élites "intellectuelles" en soit arrivée à être incapable de voir de tels écrits pour ce qu'ils sont : un essentialisation de certaines populations qui les excluent de l'humanité, leur retirant jusqu'à leur droit de vivre.

  • j'ai commencé sa lecture, que j'ai laissé tomber plusieurs fois, mais que je dois terminer car je veux chroniquer ce bouquin qui est un ramassis (fort mal écrit) de poncifs et d'une connerie abyssale !

  • Il semble que vous ayez un problème avec votre siècle.

  • Agnes R.
    Les « messieurs » qu’on peut croiser ici et là y contraignent

  • Le problème, c'est lorsque le style (qu'on l'apprécie ou non) vire au procédé.

  • c est vrai que le debut est fascinant... quelle brutalite dans ces propos, ca fait meme peur.

  • C'est une écri-vaine...

  • J’aime bien les chroniques qui chahutent ! Vous avez bien raison ! Ça fait parler ! Pendant ce temps là dirait Desproges « Nous ne pensons pas à la mort ! ». Amitiés sincères.

  • elle est possédée il fallait voir ses interviews. Un débris alcolo,bobo.gaucho ...

  • Merci pour votre analyse. Absolument d’accord. N’oublions pas le texte de cette personne au lendemain des attentats perpétrés au Bataclan et contre CH.

  • Incroyable le nombre de réactions que suscite cette « chère connasse ».
    Décidément, je préfère les femmes au féminisme.

  • Elle a aussi relativisé les attentats terroristes islamistes!

  • Marc Alpozzo, j'avais acheté en 2019 "Vernon Subutex",. Je n'ai pas pu le lire jusqu'au bout. Je vomis ce genre de littérature. Si l'on peut prétendre que cela en fait partie? N'importe qui peut prétendre écrire de la sorte. Comme beaucoup de gens ne savent plus écrire du tout, le moindre scribouillard qui aligne quelques phrases paraît être un écrivain de premier plan. Je retourne vite relire mes livres de Joseph Kessel.

  • Ce qui est navrant c'est que l'invective est devenue un genre littéraire. Ah pardon il est vrai que mâle blanc ethero je suis décadant et que mon propos est sujet à caution. Pourtant démocrate je suis
    Tout cela génère beaucoup de tristesse. La vulgarité et la frustration est-ce ainsi qu'on élève ce que d'autres ont nommé :les masses" ? Je reste pantois, le temps qui passe sans doute. Restent le BBQ et le Côte du Rhône pour oublier un instant toute cette médiocrité.....

  • Pitié, épargnez-nous cette diarrhée verbale. Qu’elle reste dans la cuvette dont elle n’aurait jamais dû sortir et que quelqu’un tire enfin la chasse.

Écrire un commentaire

Optionnel