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« Paysage d’hiver » et « Automnes », la sagesse de Christine Jordis

Avec Paysage d’hiver, Christine Jordis raconte la vie de Kin Jeong-hui, décidant d’entamer un voyage intérieur, qu’elle prolonge dans son nouveau livre Automnes, dans lequel elle revient sur la vieillesse et le goût de vivre, en lisant et rêvant, et nous promenant dans la compagnie des sages.

 

Revenue fraîchement de Corée, Christine Jordis ne peut tenir bien longtemps en France, « sur le point de repartir ». Pendant le temps qui sépare ces deux voyages, elle s’instruit. Son retour en Corée la conduit sur les traces d’un sage : Kim Jeong-hui.

 

paysage-d-hiver-couverture.jpgVoilà un homme qui fascine Christine Jordis. Calligraphe et homme politique du XIXe siècle, sa fulgurante ascension et sa chute, son art, sa pensée, sa sagesse dans l’action et la contemplation, sa sérénité totale dans une vie déchirée, tout cela n’est-il donc pas que prétexte pour l’auteur de s’engager sur un chemin étroit, plus intérieur qu’extérieur, afin d’enquêter sur l’art et la sagesse, et « devenir un être humain au plein sens du terme ».

 

"Esprit pensant, ou marionnette manipulée ? Agir sur soi, ou être agi par les autres ? Se diriger, ou être dirigé ? Conduire sa vie, ou se la faire voler ?"

 

Christine Jordis raconte comment il lui a fallu changer son regard, mettre de côté ce qu’elle avait appris, pour se rendre disponible à une autre culture, altier et inversée. C’est le propre de l’humanité : reconnaître l’autre en soi. Et l’auteur de nous rappeler que d’être « humain, cela s’apprend ».

 

christine jordis,kin jeong-huiCette sagesse, elle la retrouve dans son livre suivant, Automnes, Plus je vieillis plus je me sens prête à vivre. Une sagesse qui l’accompagne sur le dernier chemin de sa vie, celui qui, par les codes sociaux, devient de plus en plus délicat à parcourir, car, tel qu’elle le montre, la vieille n’a plus la côte aujourd’hui.

En deux chapitres, Christine Jordis balaye les dogmes impensables de notre société moderne, crispée sur le jeunisme et ses chiffres, la peur de la mort, et la vie coûte que coûte. Ce n’est ni un pamphlet ni une charge en règle contre notre époque, et ses folies, ses illusions, ses angoisses, ses profiteurs, sa camelote, son idéologie ambiante, ses dogmes. L’auteur nous offre une réflexion mesurée, et toujours juste, sur les pièges et les mensonges d’une société qui refuse que l’on se vive avec la liberté de la joie d’être.

 

"La vieillesse, on la voit d’ordinaire comme une perte."

 

Droit à la désobéissance, et devoir aussi, l’auteur donne des pistes pour nous dégager de l’enfermement quotidien dans lequel on nous conserve, et faire notre propre apprentissage de la vie, et de ses étapes, non en nous cantonnant aux reflets extérieurs, mais en poursuivant un voyage intérieur, celui-là même que Christine Jordis poursuit depuis déjà quelques années, et dont elle a entamé le récit avec son ouvrage précédent, celui d’être toujours plus prête à vivre, mêlant l’infini et sa poésie, à la recherche de l’accord avec soi et le monde.

Deux leçons de sagesse, deux médicaments utiles pour combattre les maladies contemporaines.

Chronique parue initialement dans la revue Boojum.net

Commentaires

  • Bonjour , vous connaissant depuis longtemps , lorsque vous étiez professeur de philosophie à Nice , je souhaiterais éventuellement , si cela vous est possible , connaitre des textes philosophiques sur La Vieillesse , avec ses paradigmes de perte , et d'approche de la fin en athée . Merci

  • Bonjour, je ne me souviens pas de vous, mais j'ai eu beaucoup d'élèves lorsque j'enseignais la philosophie dans votre région. Je vous recommande deux livres : Simone de Beauvoir, La vieillesse, et Benoit Groult, La touche étoile.

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