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daniel buren

  • De la littérature en décomposition. Entretien avec Juan Asensio

    Si, pour les amoureux de la littérature, les ardents, les langoureux, nous vivons une ère de grand désenchantement, vous trouverez un épris, un dévoué en matière de bouillonnant contempteur de notre modernité, certes lâche, grossière, hirsute, infertile, répondant au nom de Juan Asensio. Il s’en fait d’ailleurs l’écho dans son second essai sobrement intitulé La littérature à contre-nuit, et qui réunit divers articles qui peuvent être lus à la suite ou séparément (ce sont des billets tirés de son blog, ce gouffre, souvent un abysse de textes, vénérant l'écrivain de droite, maelström parfois indigeste et qui vise à questionner le sens de la littérature et de sa déperdition contemporaine.) Leur difficulté d’accès, due souvent à un style un peu trop ampoulé, peut d'ailleurs donner le vertige, ou le ton à un ouvrage critique, dont la haute prétention de revisiter une littérature ayant de l’estomac, pourra en désorienter plus d'un. Cela fait longtemps, qu'avec Asensio, nous ne sommes plus amis, ayant autrefois servi dans les mêmes revues, probablement pour des divergences littéraires, mais pas que ; cela dit, ce qui m'a tout de même intéressé dans cette étude, c'est moins le ton que la visée : s’élever au-delà de la production actuelle, celle des Foenikos, Darrieussecq, De Vigan, Millet, Gavalda, Ndiaye et consorts, que je ne supporte décidément plus, avortons du genre romanesque, bouffons de la littérature, myrmidons du Quartier latin qui feraient presque passer Juan Asensio pour un escogriffe, et ses textes pour des libelles monumentaux. Bien sûr, ça n'est pas comparable, et si l'on comparait, on croirait presque que la prose d'Asensio a été écrite d'un geste gigantal. Allons, restons sérieux ! Entre la littérature décarbonée d'aujourd'hui et les bonnes lettres d'hier, on n'y mettra jamais Juan Asensio. Mais pour un petit cercle très confidentiel de lettrés, vouant Juan Asensio au pinacle, le blogueur, et critique littéraire, serait passé maître dans l’art et la manière de décortiquer le texte littéraire. Soit ! Si Juan Asensio s'est rêvé en Léon Daudet ou Léon Bloy au XXIe siècle, il semble que, ni la force de la pensée ni la puissance du verbe, ou même la force d'âme ne soient véritablement au rendez-vous. Néanmoins, ses articles, comme ses billets, montrent la voie : pour se revendiquer de la littérature, on doit adopter plusieurs niveaux de langue, plusieurs méthodes d’écriture et une polyphonie quêtée. Aussi, quand on lit ses textes, il est bien impossible de dire que l’auteur fait la part belle au lecteur, même si la difficulté de lecture est surtout due selon moi, à un langage alambiqué plutôt qu'à une réflexion de fond complexe et profonde... Il s’agit pourtant de s’accrocher très fort pour poursuivre, s’aventurer en ces territoires foisonnants, ces chemins ombrageux qui vous perdent à la moindre distraction. Je connais Juan Asensio, grâce à son blog, Stalker, et quelques recensions dans la Presse littéraire. Joseph Vebret, notre rédacteur en chef commun, m'a demandé de lui écrire une recension de l'essai du blogueur et critique littéraire, et de lui proposer un entretien, que nous avons réalisé avec Juan Asensio par mail. Même si je n'ai pas spécialement accroché à son livre, paru en 2005, j'ai accepté ce travail, car je crois qu'un bilan s'impose. C'est ce que je me suis appliqué à faire ici, entre ma recension et cet entretien, que j'ai réunis dans ce billet, par commodité pour le lecteur. Ils sont désormais en accès libre dans l'Ouvroir

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