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Ultimatum : Copyleft

Après la sacro-sainte ère du « copyright », défendue à grand renfort d’avocats, de procès, et de tentatives répressives en tous genres, voici venu le temps du : copyleft !

COPYLEFT : bien étrange concept, n’est-ce pas ? Pour mieux en saisir l’essence et l’importance capitale, précisément sur l’avenir probable, voire potentiel de nos comportements et habitudes en matière d’art et de création, tout d’abord, envisageons une petite définition précise : « n. m. [SOC] À l’origine, copyright particulier appliqué à ses productions par la FSF, et donnant le droit à quiconque de les utiliser, les recopier et les modifier librement, la seule restriction étant que les nouvelles productions ainsi obtenues soient libres elles aussi. Le mouvement général actuel est d’étendre cette notion dans la mesure du possible à toutes les productions intellectuelles imaginables. Articles voisins : Copland - Coppermine - copro - coprocesseur - copy party - Corba - corbeille - cordon - core »

En d’autres termes, par le « copyleft », on donne un moyen d’accès gratuit au fruit d’un travail original, on encourage la reproduction ou même la modification de ce travail, sans charge de retour. Le copyleft étant avant tout une diffusion des œuvres de l’esprit sur des supports entièrement « gratuits ». C’est donc l’échange « libre » entre internautes. Et c’est également la possibilité donnée, à la libre reproduction d’un texte ou d’un travail artistique ; c’est une initiative qui encourage les remaniements de ce travail, les modifications, d’où peut-être, à terme, un modèle pour l’art contemporain.

Il s’agit donc d’une démarche radicalement opposée au « copyright » que défendent, à grand renfort de procès, nos majors de disques, et autres consorts culturels, fervent défenseurs non de l’œuvre mais de la recette qu’elle produit. A y regarder de plus près, on pourrait dire que c’est une guerre idéologique que mènent les partisans de la liberté contre ceux du libéralisme. C’est une démarche d’inspiration libertaire, qui défend en effet une économie propre à l’art ; non pas l’économie de marché de l’art, mais l’économie du don, du partage et de la valeur ajoutée à ce qui n’a pas de prix. Quand certains nous parlent à tort et à travers de propriété intellectuelle, inaliénable et incompressible, les défenseurs du concept de copyleft valorisent la liberté d’expression et s’opposent surtout à l’idée que la connaissance puisse être la propriété privée de quelques élus.

C’est donc la défense d’un vrai idéal « démocratique », libérer l’information, échapper aux censures du marché de l’édition et des restrictions juridiques du « copyright » qui enferment l’œuvre dans une petite boite dorée, c’est la volonté de se soustraire à la tyrannie de l’économie de marché et du « tout-rentable ». Le copyleft n’étant fidèle qu’à un seul mot d’ordre : fraternité/partage.

Un concept qui a d’ailleurs trouvé son réel essor grâce au développement des multimédias, des nouvelles technologies et d’Internet, et notamment grâce aux logiciel « open source », tel Linux.

Pour résumé, le copyleft, c’est donc zéro contraintes, sauf une : apposer la griffe « copyleft » sur les variations inspirées du travail en question afin que celle-ci conservent leur totale accessibilité au plus grand nombre. Le copyleft est aussi une attitude qui est une vraie réponse à l’oppression capitaliste-libérale de l’économie dominante, une réponse à la fronde du marketing et de la finance, qui réduisent l’art et la pensée à de simples objets de consommation... Le copyleft, c’est très certainement aussi, la réhabilitation d’un concept humaniste que l’ère du consumérisme occulte : le désintéressement !

N’ayons donc, pas peur des mots : avec le copyleft, bienvenue à l’ère du partage et de la fraternité...

Bibliographie indicative : Bruno Wajskop, Anarchie (copyright), éditions QUE

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